‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 45 sur 129 · A. Thomas. les Étals provinciaux, p · texte numérisé non relu

A. Thomas. les Étals provinciaux, p

Ah. Arch. de Lyon, CC 296, extrait publié par Et. Charuvay, Leltres, 1, p. 162-163.

Lyon est la seconde cité du royaume, à la frontière de la France et de l'Empire, au confluent des deux fleuves qui rendent le pays fertile en moissons. C'est la cité des saints martyrs, et jadis le séjour assuré de l'éloquence. Là, on gravit la montagne de la Décollation pour prier dans les deux églises où reposent les corps de tant de saints, où se trouve la colonne à laquelle Jésus fut lié avant sa passion '. On passe à Lyon les fêtes du jour de l'an, et Louis reçoit de son père «quatre aulnes de drap d'or, fort propres à faire une robe d'apparat pour les jours de grande fête ». Elle peut bien être un travail de l'industrie lyonnaise à laquelle Louis s’intéressera beaucoup par la suite.

Mais c'est le roi Charles qui pense à la dauphine et lui fait porter à Tours « un fort beau miroir à pié garni de perles * ».

Les voici maintenant gagnant, par cette rude saison, le Dauphiné, fier pays et montagneux, où le roi est toujours nommé le Roi-Dauphin*. Louis, qui connaît son histoire, sail bien que ce pays, apanagce du fils aîné du lys, sera un jour son domaine. Il regarde la fière noblesse, les puissants évêques, ce fort pays où foisonne le bétail blanc et rouge, qui donne bon blé, bon vin, bon peuple, tant de montagnes où habitent des gens rudes et encore sauvages. Aux portes de Vienne, les autorités delphinales ont présenté à Louis, « premier fils du roi des chrétiens », leurs hommages et une coupe d'or semblable en poids ct en beauté à celle offerte à son père”. Il assiste aux États de la province qui lui voteront, à Romans, le don gratuit de 10000 florins*.

Et la première lettre que Louis signa, ce fut pour faire ltoucher son premier argent’. À la demande de Jean Majoris, par

1. Astesan, dans Le Roux de Linc\, Paris el ses historiens, p. 565.

2. Les deux extraits des comptes royanx sont publiés par Et. Charavay, Lettres, 1, 163. — 3. Ord., XHI. |

h. Berry, le Livre de la description des pays, p. 54-55.

5. Nicolas Choricr, lisloire générale de Dauphiné, 1, p. 429-430.

6. Bibl. nat., ms. fr. 6965. — Ce procès-verbal a été publié par À. Dussert. Les États du Dauphiné, p. 351 sqq. — 7. Lettres, 1, p. 1-2 (janvier 1437).

l'entremise du physicien Leothier, Louis fait acheter un calice d'argent doré, deux burettes, une paix d'argent, un missel, trois nappes d’autel, aube, amict, chasuble de drap d'or, tout ce qui compose une chapelle portative. Ainsi Monseigneur pourra entendre partout la messe’. Puis Joachim Rouault, le maître de son écurie, achète des chevaux de selle, harnais, épées et robes, l'équipement d’un prince voyageur et guerrier’. Et. Louis fait des cadeaux, sans oublier personne, à tous ses compagnons de voyage*. Jean Majoris et Leothier, le religieux et le médecin, se partageront par portion égale ce qui reste de ce premier don‘. Louis agit, comme il convient, au nom du roi son père. Mais déjà, dans ce premier acte, il agit en roi qui sait payer au plus haut prix les services rendus.

Maintenant Charles et son fils descendent en Languedoc. Et Louis suit Charles comme le poulain suit son père.

C'est aussi un très beau pays,ce Languedoc, riche d’or et d'argent, de blé, de vins, de ses huiles d'olive, de prunes et d'amandes. On y trouve à foison la guède, les grains d'écarlate qui servent à teindre les draps. Et c’est le plus chaud pays du royaume. Mais une autre industrie du Languedoc est de produire de bons moutons d’or que votent les États au roi qui en a toujours si grand besoin. À Béziers, l'assemblée composée de prélats et de gens d’Église accorde 100 écus d’or « pour être convertis et employés aux besoignes de Monseigneur le Dauphin ». À Nîmes, le 20 février, Louis chargera maître Jean Bochetel, contrôleur de la Chambre aux deniers, de « cueillir cette somme” ». Le 27, le roi et son fils

1. Bibl. nat., P. Orig., 1810, Majoris; Lettres, l, p. 165-166 (15 février 1437). 2. Bibl. nat., Clairambault, 196, p. 8031.

3. Bibl. nat., pièces originales ro80, Estissac (cité par Ét. Charavay, Lettres, I, 166-167).

h. Lettres, 1, pièces justificatives, p. 164-167.

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