Chronique Marliniane, p
2. Arch. nat., K 65, n° 11 (Lettre du 12 décembre, citée par Thibault, p. 216- 217).
3. Lettres du 11 mors 1440 dans Le Grand, Bibl. nat., ms. fr. 6965 (citées par Thibault, p. 220-221).
LA PRAGUERIE | 129
beau cousin de Bourbon, qui n’est qu’un traître, un fou qui a proposé au roi d'Angleterre l’aide de ses gens devant Avranches Fa |
L'entrevue demeura secrète, et l’on sait seulement qu’elle fut longue. Alors Louis change du tout au tout; il commence à « prendre tout aultre régime et gouvernement que le comte de la Marche, auquel il estoit baillé de par le roy pour l'instruire en bonnes mœurs, ne lui avoit monstré ? ».
Le bon gouverneur congédié pourra rapporter à Angers que le dauphin ne veut plus obéir au roi son père ; il entend agir à sa volonté, ne plus être un sujet, comme il avait été le temps passé, et « qu’il lui sembloit qu'il feroit très bien le ‘ proffit du royaume * ».
Peu de temps après, le roi Charles apprenait que Mgr le dauphin avait entrepris d’avoir le gouvernement du royaume de France et de le mettre « en tutelle * ».
Il voit bien qu'il n’y a dans le cœur de Eouis aucune piété filiale. Et Louis, si jeune et qui brûle d'agir, peut bien penser qu'il saura, lui, appliquer les remèdes opportuns au royaume que dévastent les gens d'armes : ce que l'incurie d’un père oisif, qui aime trop la tranquillité et le luxe, ne peut pas faires. |
Mais le roi Charles a compris la menace. Il part pour Amboise d'où il adresse une lettre-circulaire à ses bonnes villes pour les mettre en garde contre les rebelles « soubz umbre de nostre dit fils 6 ». Richemont, le connétable, Gaucourt et Saintrailles, de durs soldats fidèles, reçoivent l’ordre d'aller trouver le duc de Bourbon, de lesommer de s'expliquer
r. Dom Morice, II, col. 1325-27. — Le 12 décembre 1 39, Charles, duc de Bourbon, vient de s'engager à payer au roi d'Angleterre pour la rançon du duc d'Orléans 20 000 saluts d'or. Louis répond pour 30 000 (Arch. nat., K. 65, n° 15).