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LA PRAGUERIE 133
donc y pourvoir ailleurs. Louis saura bien le servir,s’ilobtient la charge de la Guyenne, celle de Gascogne ou de l'Ile-de- France. Une pensée pour Madame la dauphine : mais c’est pour laisser entendre qu'elle est toujours dans la maison du roi,que sa liste est insuffisante. Comme dans la plus méchante affaire il faut toujours couvrir ceux qui vous ont servi, et qu'il convient de demeurer chef aux yeux de ceux que l'on a entraînés dans sa défaite, pour tous ceux qui l'ont aidé, Louis demande le pardon total, la remise de leurs places et de leurs biens, « attendu que ce qu'ils ont fait a esté par son ordonnance et commandement. »
Le roi Charles pouvait trouver bien exorbitantes Îles prétentions du dauphin Louis. Il répondit avec bienveillance et fermeté : « Quant Monseigneur le daulphin viendra devers le roy en humilité qu'il doit, le roy le traictera comme son seul filz et pourvoira à l’estat de luy et de Madame la daulphine en manière qu’il en devra estre content; et quant aux autres requestes cy dessus déclarées qui touchent autres que mondit seigneur le daulphin, quand il sera devers le roy, en fera tant et si avant que raisonnablement il en devra estre content ! ».
Une telle modération blesse précisément le juvénile orgueil du dauphin Louis. Il va continuer à se poser en défenseur de la chose publique. C'est lui qui va conseiller son père: pour décharger le pauvre peuple et éviter la division présente, si dangereuse,que le roi cesse toute voie de fait, qu'il envoie tous ses gens de guerre contre les anciens ennemis les Anglais. Monseigneur le dauphin offre de marcher à leur tête, lui et ses partisans. Il indique une autre solution : convoquer les États généraux du royaume. Louis, et ceux qui tiennent son parti, sont prêts à soumettre devant eux leur litige. Et puisque le roi Charles désire si fort plaire à