‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 71 sur 129 · AU SECOURS DE DIEPPE · texte numérisé non relu

AU SECOURS DE DIEPPE

prévôt de Paris; on lui présente un tonneau de vin vermeil!; et Louis retrouve à Compiègne la plupart des seigneurs de la région, bravesetintrigants, qui aiment la guerre et veulent gagnér la faveur de l’héritier?. |

Ainsi Louis de Luxembourg, comle de Saint-Pol, lui amène mille six cents hommes d'armes bien entraînés. Louis fait un tour en Vermandois, visitant les bonnes villes, persuadant les seigneurs hésitants. II rejoint son armée vers Corbie, sur les terres du duc de Bourgogne, puisque Charles VII, au traité d'Arras, lui a cédé les bonnes villes des deux rives de la Somme“.

Louis regarde avec curiosité ce pays où pousse le blé, riche en bétail et en bois. On l'invite à passer par Amiens, où les échevins ont décidé de lui offrir, à sa première entrée, huit queues de vin et quatre bœufs garnis de chapeaux de pervenches‘. Le dauphin se montre touché de cette réception ; il remercie les habitants des secours qu'ils avaient envoyés au roi, de l'intérêt qu'ils prennent à secourir Dieppe. Amiens a été soigneusement décorée. Les gardes des portes dressent leur bâton et sont armés en clair. On y représente plusieurs « joyeux jeux » et mystères; Louis regarde la grande barque qui figure l'arche de Noé.

Alors, il peut bien penser à son père qui n'a rien fait pour racheter cette grande et belle ville, ce beau fleuron de la couronne qu'il désire, et dont il se souviendra.

Les bourgeois sont séduits par sa bonne grâce; après son départ, ils se feront renseigner soigneusement sur l’expédition que le dauphin va entreprendre. Louis passé à Abbeville qui est alors une bien pauvre cité, car la municipalité a dû faire vendre une rente pour fournir des présents à Monseigneur le

r. Arch. comm. de Compiègne, CC 16, fol. 13, 14 (cité par Thibault, P. 294 295, 296).

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