‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 72 sur 129 · Monstrelei, VI, p · texte numérisé non relu

Monstrelei, VI, p

4. Arch. comm. d'Amiens, CC 31, fol. 71-75; BB, 5, fol. 184-186; Thib:ult, p. 298-301.

dauphin’. Louis se fait renseigner par Théodal le Bourgeois, qui avait tenté vainement de débloquer Dieppe. Il apprend que les Anglais occupent les châteaux forts des environs, Charlemesnil et Arques ; on lui donne des détails sur la redoutable bastille du Pollet dont l'artillerie causait tant de ravages. Charles Desmarets est d'ailleurs à bout. Il faut se hâter d'agir. Louis groupe ses troupes en une seule compagnie ct il prend le chemin de la ville d'Eu. Le 11 août, l'armée arrive sous les murs de Dieppe et s’installe dans les faubourgs. Dès le lendemain de son arrivée, le dauphin fait sommer les gens de la bastille d'avoir à s’en aller, s'ils veulent sauver leur vie. Les Anglais font répondre qu'ils se défendront jusqu’à la mort.

Alors Louis tient conseil de guerre et décide qu'il livrera l'assaut dans quelques jours, dès que les canons et engins seront placés. La nuit de Notre-Dame de mi-août, sur les dix heures du matin, après avoir fait débonder plusieurs queues de vin pour donner du cœur à ses gens qu'il a fait reposer, le dauphin ordonne aux trompettes de sonner à l'assaut. L'action dura trois heures. La bastille était forte, pourvue de gros canons, et ceux qui la défendaient se montrèrent courageux. |

Il s'agissait de descendre, avec des échelles, dans de profonds fossés, semblables à ceux qui entourent les villes, de grimper aux boulevards que défendaient quatre à cinq cents Anglais. Trois cents d’entre eux sont passés à l'épée; les survivants faits prisonniers.

Un seigneur de Picardie, Louis de Soyecourt, se distingue par son héroïsme. Alors le dauphin fit enlever ses chausses

et se rendit nu-pieds en l’église de Saint-Jacques de Dieppe, remerciant très humblement Dieu, son créateur, et le benoît baron Saint-Jacques, patron des chevaliers, de la bonne fortune qu'il avait obtenue contre les Anglais, ses anciens

1. Arch. comm. d’Abbcville, BB 60, fol. 71 (cité par Thibault, p. 302).

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