VERS L’EMPIRE
d’infamie pour la maison de France. L'évêque de Monreale parla ensuite, en français, d’une manière fort agréable. On le complimenta.
Alors le dauphin prit la parole. Il n’était pas venu pour jeter le trouble dans l’Église de Dieu, qu’à l’exemple de ses ancêtres il entendait défendre jusqu’au sang, mais bien pour détruire les adversaires de son frèreet allié, le duc d'Autriche, qui allait épouser sa sœur. Que la ville de Bâle rompe l'alliance avec les Suisses et lui rende obéissance, qu’elle prenne l'engagement de ne pas attaquer la maison d'Autriche, il ne demande pas mieux que de la laisser en paix.
Sur quoi les ambassadeurs rentrèrent à Bâle, porteurs d’une trêve de huit jours. Pour préparer une réponse, Jean de Bueil et Gabriel de Bernes, émissaires du dauphin, se rendront à Bâle où ils parleront durement à la ville qui n’a pas de seigneur. Ils allégueront que la ville de Bâle est, de toute antiquité, sous la protection du royaume de France. Mais ce n'est là qu’une feinte. Les orateurs du Concile revinrent à Einsisheim, avec l’évêque de Bâle et les envoyés des principales villes suisses; et le dauphin leur ‘accorda une trêve de vingt jours, exprimant le désir qu’un semblable accord fût conclu entre la maison d’Autriche et les confédérés: Louis prend sous sa protection la ville de Bâle, préparant ainsi les voies pour arriver à la paix définitive. Et Gabriel de Bernes va tenir conférence avec les délégués des villes suisses !.
De son côté, le roi des Romains venait d'adresser des ambassadeurs au dauphin Louis. Uni par la foi et l'amitié au roiet à la maison de France, il lui disait son étonnement, le trouble de son cœur, en voyant que le dauphinavait envahi l'Empire avec une armée de barbares, aussi nombreux que terribles, et qui commençaient à ravager les cités. Il ajoutait
qu'il était prêt à s'entendre avec Louis pour lui donner