‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 86 sur 129 · Tuetey, I, p. 274-285 ; Thibault, p. 365 et suiv · texte numérisé non relu

Tuetey, I, p. 274-285 ; Thibault, p. 365 et suiv

justice et satisfaction. Mais Louis leur répondait, comme il l'avait fait aux Bâlois, qu'il était venu au secours du roi des Romains, pour recouvrer les terres soumises, de toute antiquité, au royaume de France et qui s'étaient soustraites à l’obédience de l'Empire. Quelques jours après, il envoyait Amaury d’Estissac et Jean de Fenestrange vers Nuremberg’.

Louis avait le dessein d’assiéger Mulhouse, ce qui eût été vraiment une violation du droit des gens, alors qu'il avait envoyé une ambassade à l'empereur dont il n'avait toujours pas la réponse. II se ravisa et décida de venir à Einsisheim et d'attendre.

De nombreux délégués de l'Alsace, magistrats municipaux, petits seigneurs en quête d'aventures, venaient le relancer. Et déjà les yeux du dauphin sont tournés vers Strasbourg. Il médite, grâce à l’évêque, d'imposer son protectorat à la grande cité. Etle commandeur d’Issenheim dévoile à la ville, si jalouse de ses libertés, les machinations de Louis.

Des places fortes lui sont déjà livrées, et le: dauphin va diriger ses Écorcheurs en Alsace. Ils prendront, après un rude assaut, Saint-Hippolyte. Louis se porte sur Dambach, petite place aux pieds des Vosges. Toutes les pièces d’artillerie battent la forteresse. Et, la brèche ouverte, le dauphin s’apprête à donner l'assaut quand la flèche d’un assiégé lui cloue le genou à la selle de son cheval (7 octobre). On le panse à Chatenoiïis, près de Schlestadt?; et Louis est bientôt guéri par ses physiciens.

Mais le dauphin ne retournera plus à la tête de ses troupes. Il regagne, convalescent, Einsisheim, où l'ambassade du roi des Romains et le duc Albert d'Autriche venaient le retrouver”. Sa volonté demeurait inébranlable. Le dauphin

1. Première relation du commandeur d'Iissenheim (Tuetey, IT, p. 515-5r6),

2, 11 signe dans Chatenois des lettres de sauvegarde en faveur de l’abbaye d’Ebers: munster « assize ou païs d’Alcmaigne, deça la rivière du Rin... fondée par les roys de France... » (Tuetey, 1, 287n-288n.)

3, Mathicu d'Escouchy, 1, p. 24; Thibault, p. 379.

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