‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 87 sur 129 · VERS L'’EMPIRE · texte numérisé non relu

VERS L'’EMPIRE

avait exposé sa personne, sacrifié ses soldats. Il entend passer l'hiver en Alsace, revendiquer la frontière du Rhin.C’est dans la petite place d’Einsisheim qu'il relit le traité avec les confédérés : il le fait sceller de son grand sceau équestre et le signe de sa main. | | |

Mais le roi Charles se montre inquiet de la blessure de son fils, et plus encore de ses projets inconnus. Il l'invite à rentrer à la Cour?. Louis s’obstine à rester en Alsace, et il demande même que Marguerite, son épouse, vienne l'y rejoindre. Les Écorcheurs montrent en Alsace ce qu'ils sont. Strasbourg est sous les armes, ainsi que les gens du roi des Romains; et Philippe le Bon est prêt à intervenir.

Sans doute, Louis songe à l'Empire. Avant de risquer un coup de cette importance, il décide tout à coup de se rendre auprès de son’père qui lui envoyait lettres sur lettres. I] devait prendre sa route par Altkirch et Montbéliard, et se diriger de là sur la Lorraine, tandis que ses Écorcheurs occuperont toujours la Basse-Alsace. Les gens de Philippe le Bon vont l’insulter au passage, pillant ses bagages, lui refusant l'entrée des cités5. Mais le dauphin rentre avec sa petite troupe de cavaliers. Il a laissé ses aventuriers à l’aventure, vidé le royaume des capitaines, routiers et autres gens de guerre qui le détruisaient. Le pauvre peuple et les sujets du roi pourront vivre en paix.

Sa mission est remplie. Il revient avec le traité d’alliance avec les Suisses, et son rêve d'Embpire.

1. Archives de Berne (dossier France) ; Tuetey, 1, 251; Thibault, p. 3S1.

2. Seconde relation du commandeur d'Issenheim (Tuetey, II, p. 519).

3. Arch. de la Côte-d'Or, B. 11941, fol. 4, cité par Thibault, p. 383 n.

h. Le rédacteur du Registre delphinal, écrit, il est vrai, dix ans après la campagne d'Alsace, dit que si « les gens d'armes de Monseigneur le Daulphin se feussent bien gouvernés, sans faire les grands outrages qu'ils faisoient, Monseigneur eust eue la obeyssance de la plupart des Alemaignes, voire jusques a estre empereur ». (Cité par Thibault, p. 389.)

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