‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 114 sur 289 · Ibid., 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1, p

demande d'accompagner l’Anglais. Aux gens qui l'entourent, le roi parle des termes de la lettre de défi; il la leur fait lire. Son visage est assuré, il n’a nulle crainte. En lui-même, il se réjouit de la rencontre et de ses propos avec le héraut!.

Le roi d'Angleterre vient de quitter ‘Calais où le duc de Bourgogne l'avait enfin rejoint. Il passe par Boulogne et arrive devant Péronne. C’est là que Charles le Hardi reçoit la missive du connétable de France, Saint-Pol, qui est un traître. I1 le sait depuis longtemps. Le connétable s'excuse de n'avoir pu lui livrer Saint-Quentin, et il promet de le servir dorénavant. Charles de Bourgogne montre la lettre au roi d’Angleterre, et il en exagère encore la portée ?. Naturellement le roi Édouard croit ce qu’on lui dit. 11 allait un peu grossièrement en besogne, n'étant pas rompu aux finesses habituelles de chez nous. Ces Anglais qui sortaient de leur pays, et découvraient le nôtre, étaient des gens colériques et tout d'une pièce. Ils sont de froid tempérament. Chez nous, il y a de la mesure. On sait comprendre les choses. La France, entre régions chaudes et froides, fait que nous avons deux complexions. Les Anglais ne nous comprendront jamais. Cela, Philippe de Commynes le savait déjà *. Laissons donc le roi Édouard se réjouir des nouvelles qu’on lui apporte, laissons-le en compagnie de Charles dont les hommes sont occupés en Lorraine et en Barrois.

Le roi Louis a fait détruire les passages de la Somme. Le prévôt des maréchaux, avec ses cinq cents manœuvriers armés de piques, a abattu Montdidier“. 11 demande des pionniers pour Corbie. Puisqu'il n'avait plus rien à faire en Normandie, Louis s'était dirigé sur Beauvais, qui est bien

. Commynes, 1, p. 290.

. Ibid., I, p. 293.

. Ibid., I, p. 294. |

- Arch. com. de Beauvais, BB. ro.

. Ibid.

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garnie d'artillerie. Le maire, le Goix, garde la tour de Crou. Il a donné l’ordre de rompre les passages sur la rivière autour de sa ville!. Louis est calme. Une épidémie règne à Beauvais. A la guerre, il faut songer aussi à sa santé. Alors Jacques Coitier, le médecin, écrit pour annoncer l’arrivée du roi. Il ordonne de faire fermer les huis et les fenêtres, là où il y a eu des malades, d'empêcher ceux de la Maison-Dieu de sortir. Il faudra faire « bon feu par la ville, au matin et soir, et principalement ès carrefours de là où on s'est mort de nouvel? ». Le roi arrive le 26 juillet. Des mesures sont prises immédiatement pour la défense de la ville et son ravitaillement en grains. On confirme que les Anglais ont passé la Somme. On se prépare à les recevoir sur les fortifications et à les repousser s'ils viennent assiéger Beauvais*.

Voici maintenant les Anglais devant Saint-Quentin. Un « grand tas » des leurs courent devant la ville. Ils s’attendent déjà à ce qu'on sonne les cloches à leur venue, qu'on y porte la croix et l’eau bénite. Mais les gens de Saint-Quentin les accueillent à coups de canon. Il pleut, et au cours d'une escarmouche, ils se laissent prendre deux ou trois des leurs. C'est un mauvais début; eux aussi commencent à nommer le connétable un traître. Le lendemain matin, le roi Édouard apprend une singulière nouvelle: le duc de Bourgogne annonce qu'il va le quitter et rejoindre son armée en Barroïs. Charles a beau dire qu'il estsûr de la complicité du connétable, les Anglais se sentent tout neufs et perdus chez nous. L’hiver va venir, et leur cœur est déjà beaucoup plus enclin à la paix qu’à la guerre.

Le roi Louis en est bientôt informé. Car les Anglais ont fait prisonnier le valet d’un gentilhomme de la maison du roi de France. Édouard l'a fait relâcher. « Recommandés nous

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