‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 127 sur 289 · Commynes, I, p · texte numérisé non relu

Commynes, I, p

Mais le ressentiment de Louis s’est réveillé sous le murmure de ses gens. Il a eu tort d'aller ainsi vers unsien sérviteur qu'il paye,et qui l’a accueilli au milieu de ses hommes d'armes, derrière une barrière. Ce n’est pas le rôle d'un sujet de se faire craindre de son maître : il doit s’en faire aimer. Ainsi raisonne Philippe de Commynes __ Le connétable devait payer pour tous. Le roi Louis était informé de sa triple trahison. Il avait reçu d’Édouard les lettres du connétable par lesquelles Louis de Luxembourg l'avertissait qu'il se retirait à tort de France et que le roi ne tiendrait pas envers lui ses promesses. Il savait d'autre part que Luxembourg avait promis de livrer Saint-Quentin à Charles de Bourgogne*. Le roi Louis le devance et, le 14 septembre, il entre dans Saint-Quentin avec une forte armée, fait bannir ses partisans, nomme de nouveaux officiers. Le connétable est encore employé parle roi qui l'adresse au duc de Bourgogne. Mais il voit qu'il est perdu : la reine de France lui a d’ailleurs fait savoir que le roi va le faire arrêter. Luxembourg préfère se jeter dans la gueule du loup. Il se rend à Mons. Et c’est Charles de Bourgogne qui va le livrer au roi de France.

Philippe de Croy, comte de Chimay, le ramène à Valenciennes, puis à Péronne. Charles de Bourgogne aura ses biens par confiscation et le roi, le corps du connétable. Cette pensée amuse Louis qui dit que beau cousin de Bourgogne avait fait du connétable comme on fait du renard : il en avait sagement retenu la peau, et lui n’auraît que la chair, qui ne valait guère ° ! Mais quand le connétable approche de la ville de Paris, il se doute qu’il va être incarcéré à la Bastille. Il

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