‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 128 sur 289 · Jean Molinet, I, p · texte numérisé non relu

Jean Molinet, I, p

3. 1bid., I, p. 181; Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 444. Charles devait renoncer à l’hérituge du connétable sous la promesse de Louis qui s'engageait à ne point l’inquiéter au sujet des places qu'il venait de prendre en Lorraine ({bid., p. 44S, le 18 décembre 1475).

| LE CONNÉTABLE DE SAINT-POL 167 prie l'amiral, qui l'accompagnait, de lui faire faire par dehors le tour de la ville, craignant que le peuple de Paris ne s'ameute contre lui. Louis de Luxembourg entre par la porte Saint-Antoine, sous la garde du prévôt de la Bastille.

La pauvre entrée qu'il fait, sous sa cape de camelot doublé de velours noir, où il cache son visagel II chevauche un petit cheval bai à crins courts et porte des gants moufles velus. Il fait froid ‘. C’est à la Bastille qu'on l’hébergera. Le chancelier, les présidents de la cour de Parlement l’attendent déjà ; et sire Denis Hesselin, maître d'hôtel du roi, va le confier à la garde de son hôte et geôlier, Philippe Luillier, qui est un homme si dur. L’amiral leur en donne décharge : « Messeigneurs qui icy esles tous presens, veez cy monseigneur de Saint-Pol, lequel le roy m’avoit chargé d’aler quérir par devers monseigneur le duc de Bourgongne... Et depuis l'ay bien gardé jusques à present que je le metz et baïlle en vos mains pour lui faire son procès le plus diligemment que faire le pourrez, car ainsi m'a chargié le roy de le vous dire?...»

Le roi avait en effet écrit à Pierre Doriole, chancelier de France, de l'interroger rapidement, de faire le procès dans les huit jours. |

Le connétable conteste que sa cause appartienne au Parlement : il demaudele jugement des pairs. Mais le chancelier et les gens du Parlement ont tôt fait d'expédier son procès. La Cour de Parlement est la justice souveraine du royaume de France*. Le chancelier explique aux parlementaires que le plaisir du roi était de remettre entre leurs mains Louis de Luxembourg, chevalier, comte de Saint-Pol, de Ligny, de Conversan et de Brienne, seigneur d’Enghien et connétable

1, Chr. Scand., 1, p. 350-351.

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