Ord., XVI, p
Le roi est instruit, connaît le latin et l'italien.
Commynes a dit de lui qu'il était « assez lettré ». Il ne faut donc pas prendre Louis au sérieux quand il dit : « Je ne suis pas grand clerc... et quant au latin, je n’en sçais point !.» On le voit citer Lucain?. Quand Guillaume Fichet lui présente un manuscrit des Orationes de Bessarion, Louis examine attentivement le livre, lit la préface; puis il tourne les pages, regardant les miniatures et les figures ornant les marges.Il
it presque toutes les gloses au discours de Démosthène qui attiraient, 1l est vrai, l'attention par leur décoration. Revenu au commencement du manuscrit, Louis parcourt trois ou quatre fois le distique écrit sous son portrait*. L’ambassadeur Cagnola écrit du roi, en 1479 : « Quelquefois ilétudie et cite souvent les meilleures autorités. »
Louis lit lui-même les lettres du duc de Milan, aussi aisément qu'eût pu le faire un véritable Italien, et il soulève son chapeau quand il tient dans ses mains la lettre autographe de Sforza, qui, comme lui, a une bonne tête, une tête sur laquelle il espérait poser un jour une couronne. Comme il les aime, les Italiens, ses frères en subtilité! Le roi fait marcher l'un d’eux devant le duc de Berry et le prince de Navarre‘. Louis écrit parfois ses missives; il reçoit lui-même les gens. Mais il n’est pas instruit comme un clerc. Il est instruit comme un roi doit l'être. Ce qu'il préfère, ce qu'il connaît le mieux, c’est l’histoire de France‘.
Louis’ aime à questionner, à s'informer sur sa route. « Nul home ne presta jamais tant l'oreille aux gens, ny ne