Kervyn de Lettenhove, 1, p
b. Amb, Mil,, 1, p. 340, I, p. 115.
6, Ibid , 357. On cria de toutes parts : Crucifige ! — Mais c'est le roi qui finira par être leur dupe. Le 3o janvier 1435, Galéas-Marie Sforza entrera dans la ligue de Charles le Téméraire (Lenglet du Fresnoy, Preuves, IIL, p. 356).
7. Voir ch. xx. — H a fait ML en français « le livre de Xenophon le philosophe » (Lettres, X, p. 162).
s'enquit de tant de choses, comme il faisoit, ny ne voulut jamais cognoistre tant de gens », dira Commynes de son roi. Le sénéchal de Brézé déclarait qu'il portait en sa tête tout son conseil'. Louis a du bon sens, ce qui passe toutes les autres sciences. À quoi serviraient les livres, si ce n’est pour ramener en mémoire les choses passées 2?
Louis a des idées sur l’Europe (il a tant questionné les étrangers!) ; et l’ami Commynes nesera que son disciple. Le roi reçoit lui-même les ambassadeurs. Il les reçoit tout botté; il parle ‘et persuade, car il est éloquent*. Le roi menace et caresse. Il cause avec l’envoyé de Milan, familièrementappuyé sun lui, à une fenêtre d'où l’on regarde une joute#. Et chacun s'ébahit. Sa diplomatie, le roi la fait à table, à la promenade, à la chasse. Les Français n'aiment pas les Italiens”, lui les aime et les impose ; alors les courtisans ne jurent que par eux. Quelles passes d'armes entre Louis et l’envoyé de Milan, où l'on se dit ses vérités, où l’on fait des mots! Louis se fâcheet il embrasse l'Italien, non en roi, mais en simple gentilhomme f. Deux heures durant il s'enferme seul dans son cabinet avec Alberic Malleta, avec un étranger : et son cheval, sellé pour la chasse, gratte du sabot à la porte’.
Louis a compris de bonne heure que les Catalans sont des commerçantsquitendentà l’autonomie, maisqu'’ils demeurent avant tout des Catalans. Alors il revient à la vieille alliance traditionnelle de la Castille. Venise et Florence sont des gouvernements populaires qui l'intéressent d'abord infiniment moins que Milan où il a un bon point fixe : la force des Sforza 8. Mais Venise est l’antidote de Milan. Sa politique
1. Propos recueilli par Jean Bouchet dans les Annales d'Aquitaine.