Commiynes, I, p. 54. — 3, Ibid., I, p
h. Ibid., 1, p. 150. — Il dit, en 1464 : « Le pipe embrasse beaucoup de choses, mais en étreint fort peu » (Amb, Mil., 11, p. 115).
Il. — 13
Dauphin, il avait mené magnifiquement l'assaut de la bastille de Dieppe; devant Dambach il avait été cloué à son cheval par une flèche qui lui avait traversé la cuisse. Louis connaissait les hommes d'armes et leurs mœurs. À Montlhéry, il avait combattu comme un soldat et son courage avait entraîné les siens. Mais le roi n’aime pas les risques des batailles. Il préfère conduire sagement un traité*. Là, il est habile.
La diplomatie est son arme. Certes on ne peut pas dire qu'il l’ait inventée. Les Italiens et les gens de ce temps y étaient passés maîtres. Mais aucun roi avant lui n’avait mené tant de négociations.
Une certaine diplomatie est à lui : c’est un marchandage, un contrat de maquignon où il l'emporte. Sa diplomatie, Louis la conduit en secret, presque seul, confiant parfois des missions à un valet de chambre ou à un barbier. Elle est vivante, parlée en quelque sorte. Car Louis ne fait guère écrire que des instructions. Elle repose sur la connaissance la plus étendue du caractère de son adversaire, de sa situation, des embarras qu’il a présentemènt ou que le roi peut lui susciter. C’est un jeu d'échecs où Louis commet rarement des fautes. S'il a perdu, il gagne souvent la belle. Mais quand un résultat est acquis, Louis se montre procédurier. Ses traités sont des écrits, des contrats notariés passés devant témoins. Alors Louis exige le grand serment, celui qui ‘entraîne la mort pour ceux qui ne l’observent point, sur la croix de Saint-Laud. La signature des gens demeure sous la menace de la croix. Les procédés du roi déconcertent; ils n’ont rien du jeu classique. Mais Louis connaît tous les pions de l'échiquier, mieux que personne, les nations et les princes de ce temps. Il a été élevé dans la maison de Bourgogne et
r. Louis exhorte le duc de Milan à faire de son fils Jean Galéas un soldat, comme il était lui-même. Et il montre à Malleta les traces de ses blessures de guerre (Amb. Mil., 11, p. 138).