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nourri avec son adversaire le plusobstiné. Louis gagne le plus souvent. Il est surpris quand il perd. Il n’aime pas perdre.
On a été sévère pour cette diplomatie du roi. On la trouve agitée et brouillonne. Mais il faut la juger à ses résultats
D: Li
qui ont été assez extraordinaires. Louis n'hésite pas à jouer double jeu. Les choses de la vie ne sont pas rigides. Il ya des résultats imprévus. Le roi a d’ailleurs de la chance. Que de morts l’ont servi!
Le roi Louis croit à une puissance, après l'intelligence, celle de l'argent. Il lui en faut beaucoup’. Et pour la première fois en France, sous son règne la taille a été rigoureuse. Le roi Charles VII avait levé 1 800000 francs par an pour administrer et entretenir son armée. Le roi Louis devait en lever 4700000. Aucune dépense pour lui-même. Mais il a besoin d’entretenir une forte armée dont il évitera toujours de se servir. Louis a étendu son royaume. Il a dù fortifier de nouvelles places. Les charges sont lourdes tout de même au peuple, surtout dans les villes frontières *.
Un officier de finances écrit à Bourré“ : « Et vous asseure,
1. Prosper de Camulis écrivait déjà en 1461 : « Al presente, o per extrema avaritia, o per voglia de fare gran cose, non atende ad altro che con maravigliosa diligentia a mettere insieme dinari » (Amb. Mil., I, p. 101). L'envoyé de Milan estime, <n 1462, ses revenus à 800 000 ducats (mb. Mil., I, p. 167).
2. Commynes, I, 445; Il, p. 49-50. — Voir à ce sujet les remarques de Spont. Mais nous sommes loin des conclusions du rédacteur de la Chronique scandaleuse et des orateurs des États généraux de 1484. L'impôt avait été en somme triplé entre 146: et 1483. I] faut tenir compte de l'augmentation des frais d'administration d'un domaine agrandi, d’une conception nouvelle de l’armée (les francs-archers supprimés étaient entretenus par les villes).
3. En mai 1475, taille de 216 livres à Compiègne « pour avoir remis les Anglois hors de France » (Arch com. de Compiègne, BB. 5). La taille pour Compiègne fut d'ailleurs rapportée. Mais il faut fournir des chevaux pour l'artillerie, des vivres pour l’armée, etc. En 1478. la bonne ville était bien pauvre et songeait à engager sa cloche à Paris (/bid., CC. 26). Les gens de Beauvais font des plaintes analogues. Ils doivent entretenir soigneusement les fortifications. Il y a des inspections, après la mort du Teméraire, pour une aide nouvelle de 600 écus d'or contre laquelle ils protestent (Arch. com. de Beauvais, BB. ro, fol. 150).
&. G. Bricard, Jean Bourré, p. 177.
Monseigneur, que c'est grant pitié de recouvrer argent, car le peuple n'a plus riens, et quelque diligence que j'en face et face faire, je n’en puis riens tirer’. » Un autre : « Y a bonne excuse sur la povreté du peuple, car sur mon ame, Monseigneur, tant y a de pitié et misere que c'est chose non créable à gens qui ne le voient et espreuvent?... »
Louis pensionne tout le monde. Il achète les rois et les nations. Îl paye avec une extrême largesse tous ceux qui lui ont rendu service *, les gens de sa maison, ses familiers et ses domestiques dont quelques-uns seront des ambassadeurs. Autour de lui on fait rapidement sa fortune. Le roi Louis le sait, mais il ferme les yeux. Ses officiers s’enrichissent et ils élèvent des manoirs imposants, plus importants que les demeures du roi.
Louis qui n’est pas populaire, d’après les chroniqueurs, est cependant près du peuple. Üne jeune fille lui offre une rose au jour de l’an*. Le roi donne « aux filles de joye suivant la cour » de quoi faire leur « may ». IL protégera les « chanteurs et recordeurs de chansons » qui sont des propagandistes ambulants*. Louis sait boire avec l’hôte et l'hôtesse: il entretient sa nourrice, Clémence Sillonne. Il fait un don au tambourin d'Amboise pour la danse autour des feux, la veille de la Saint-Jean. Il aumône largement les pauvres, les ladresf. Louis, qui n'aime pas les grands, demeure près des humbles. Il s’entretient familièrement avec ses guides, les passeurs, ses hôtes. Une pauvre femme lui offre un jour du raisin et des pêches. Comme il quitte Orléans, un pauvre lui présente un enfant « à faire tenir sur les fons ». Louis accepte d’être le parrain. Il a un goût de bonne femme pour