‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 151 sur 289 · Bibl. nat., ms, fr. 6759, fol. 13Y · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms, fr. 6759, fol. 13Y

.5. Chr. Scand., I, p. 219-220.

6. Détails tirés des copies de comptes du ms. fr. 325r1 et des ms. fr, 6568-6759.

les cierges qu'il fait allumer devant les images saintes après sa messe'!. Oui, le costume du roi est souvent celui d’un homme du commun. Et il va répétant que les princes qui dépensent leur argent en habillements ruinent le peuple et que ce sont des « folz? ».

La simplicité du costume de Louis frappa beaucoup ses contemporains. Les gens qui cherchent à le reconnaître quand il passe ne le distinguent pas de sa suite. Et s’il doit paraître dans un costume plus somptueux, le roi prend la précaution de faire habiller un de ses serviteurs comme lui. Son vêtement habituel est celui du voyageur, parfois du pèlerin. C’est celui de l’homme qui chevauche. Louis n'a rien cependant du brillant cavalier. Ilemprunte le hobin et le grison de Bourré : « Et ne pensez pas que ce soit pour autre que pour moy *. »

Louis ne suit pas la mode. Quand c’est le temps des longues robes, il continuera de porter des vêtements courts. C'est le costume des Italiens, dont Louis admire l’ingéniosité.

Il iâte le manteau trempé d’eau d’Albéric Malleta, et il s’exclame, en apercevant la cape de camelot qui en doublait l'épaisseur, sur les inventions des Lombards. Ils sont savants en toutes choses : telle est la conclusion du sage. Louis montre à Malleta que, lui aussi, comme vêtement de dessous, il porte un jupon de satin ras d’une laine fort légère, tel Sforza qui ne se couvre guère plus en hiver qu'en été, suivant la coutume des gens de guerre“. |

Dans les comptes royaux *, nous voyons que sa garde-robe contenait surtout des vêtements de couleur sombre, robes de futaine de Rouen, d’étoffe bon marché et lourde. Quand il fait chaud, Louis demande de la serge noire ou brun foncé pour qu’on lui taille des chausses. Mais le duc de Milan envoyait

1. Bibl. nat., ms.fr. 6758, fol.g7"°. — 2. Bibl. nat., ms. fr. 15518, fol. 9. — Propos recueilli pur du Haillan et cité par A. Gandilhon, op. cit., 1. XX, p. 340-347.

3. Lettres, VI, 334, 336. — 4. Ibid.,,1, 33x; I, 14; IV, 314. 5. Arch. nat., KK. 59 et Alfred Gandilhon, op. cil., p. 344-346.

aussi en présent à la cour du velours noir, des draps de soie et d'or.

La livrée du roi était rouge et blanche. Louis préférait le noir, le gris, le tanné qui tirait sur le brun. On n'y voit guère de fourrures. Mais sa lingerie est soignée et il avait des chemises de fine toile de Hollande. Son costume militaire semblait plutôt misérable ; il fit élargir ses brigandines, réparer son casque et brunir ses éperons.

Le roi avait perdu ses cheveux de bonne heure, et il affectionnait les capuchons et les grands chapeaux de poil qui tiennent chaud à la tête, lui protégeaient les épaules contre la pluie comme une « petite maison? ». Ses capuchons étaient noirs ou écarlates. Pas de bijoux; deux anneaux d'or avecun diamant et un émail. Louis avait cependant un petit bâton doré où étaient gravés l’image d’un daim et certains mots. Il possédait aussi une chaîne d’or de vingt-cinq chaînons évaluée 171 livres. On achetait de la teinture pour remettre en état ses gants. Il fit redorer ses boutons d’or. De simples figures de plomb ornaient son chapeau liées par un fil de soie : c'étaient de vulgaires souvenirs de pèlerinage. On ne voit pas qu'il fit travailler beaucoup des tailleurs. Il proposa, en 1462,à un marchand du Berry, Michau d’Auron, de suivre la cour pour vendre à sa suite des robes de laine*. Mais le roi se faisait parfois tirer l'oreille pour payer ses dettes vestimentaires et il repassait au Berrichon de « vieulx draps de soye ». Louis était économe et faisait aux autres cadeau de ses vieilles robes de soie. Un petit luxe : le nécessaire de toilette en argent doré qu'il fournit à Olivier le Daim, son

barbier. Il usait d’eau de rose, portait des gants; il paraît avoir été d’une stricte propreté et préoccupé de questions

d'hygiène.

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