G. Bricard, Jean Bourré, p
5. Il dit à l’envoyé de Milan : « Vous savez que j'aime fort la chasse et que j'y suis. expert. Ecrivez donc à votre maître que je chasserai ce lièvre d'Asti », faisant allusion à la maison d'Orléans (Amb. Mil., IT, 115).
pas tant d'intérêt qu'aux chiens. A cette dernière chasse, le roi s'exténue ; car on peut se demander si, pour un autre que lui, elle eût été un plaisir. Louis force les cerfs, et il se lève alors de grand matin, par tous les temps. Quand il rentre, il est las, presque toujours courroucé contre quelqu'un. La chasse est un « métier » qui ne se conduit pas : il vous entraîne fort loin. Parfois le roi loge dans les villages”. Louis avait des chiens de toute espèce *. Il parle. d'eux en connaisseur. [Il fait dire à Milan‘ qu’il conviendrait qu'ils aient de grosses têtes et de grandes oreilles,'et qu'il espérait bien que le chien qu'on lui avait envoyé était un spécimen, et qu'il en recevrait d’autres. Il en achetait dans ses voyages et on Jui en présentait. Le sénéchal de Brézé lui adressait la lévrière « la plus viste du royaume ». Thomas Langton, ambassadeur d'Angleterre, lui envoya cinq dogues ; le roi d'Écosse, cinq lévriers; Laurent de Médicis, un gros chien pour garder sa: chambre. Dans le contrat de mariage de Guy de. Nonancourt, Louis faisait insérer l'obligation de lui envoyer chaque année un lévrier. Il demande au duc de Milan des petits chiens de Chio de peau blanche ou rousse5.: Il relâche un prisorinier contre un chien. Le roi nommait ses chiens : « Chier amy », « Paris » et « Artus ». [l'les faisait étriller, soigner; quand ils étaient malades, on leur appliquait lavements, emplâtres et poudres; Louis présentait pour leur santé des offrandes à saint Hubert. Ses chiens paraissent mieux habillés que lui. Ils couchent sur des paillasses dressées sur des châlits. Ils ont des colliers avec des clous d’or et des boucles d'argent. Et le chien «Chier amy » portait un collier avec dix rubis et vingt perles. La perte d’un chien, Louis
1, Commynes, II, p. 83. — Il. fait relier « ung sién livre nommé la‘Propriété des oiseaux » (Arch. Nat ,.KK. 66, fol, 32Y0), — 2, Commynes,:Il, p. 84.
3. A. Gandilhon, op. citl., 1. XXI, p. 44. — Jacques du Fouilloux, dans sa Vénerie (1561) nous rapporte plusieurs traditions et l'amour de Louis pour les chiens gris. Jacques de a chanté son bon chien Souillord (éd. J. Pichon, 1858).