‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 156 sur 289 · Chastellain, IV, p · texte numérisé non relu

Chastellain, IV, p

sont des futées'. Son épouse, Charlotte de Savoie, fut une bonne femme. Mais aussi longtemps que Commynes connut le roi, il ne le vit pas se « mesler des dames? ». Car Louis avait perdu un fils, en 1472, le petit François, âgé d’un an. On lui porta cette triste nouvelle tandis qu’il chassait dans la forêt de Loches. Accablé par sa douleur, le roi fit abattre un quartier de la forêt. Et Louis prononça le vœu de ne jamais connaître une autre femme que la reine. Commynes, témoin du serment, ajoute qu’il le devait bien faire, suivant l'ordonnance de l'Église, mais qu’à persévérer dans cette promesse Louis n'était pas sans mérite, car la reine n'était pas de celles avec qui l’on pouvait prendre du plaisir.

Le roi Louis est pieux. Il l’est comme tout son temps.Chaque jour, il entend la messe et entre dans une méditation qu'il ne faut pas troubler. Il récite ses Heures, et le mercredi il ne mange pas de viande. Une fois par semaine le roi se confesse; le jeudi saint, comme tous ses prédécesseurs, il lave les pieds à treize pauvres. Volontiers il entre dans les confréries comme affilié, dans celle des Bourgeois de Notre- Dame à Paris*. Louis a fait adapter à son usage les prières du missel: il y a dans ce livre une prière pour chaque acte.de sa vie. Louis prie la Vierge et les saints qui sont ses protecteurs, ceux de sa famille et du royaume.

Louis était chanoine des églises qu'il avait richement dotées et il a écrit au roi de Portugal qu’il avait désiré d’être moine. Louis a dans les veines du sang d'Aragon. Sa piété n’est pas sans espagnolisme.On ne doit pas lui parler quand il prie ou fait ses pèlerinages. C’est d’ailleurs un bon moyen

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