Arch. com. d'Amiens, BB. 9, fol
escorte la nuit; et elle se tenait devant la grille quand il vint lui présenter ses excuses. Elle supporta la mauvaise odeur des tanneries d'Amboise, sans obtenir une amélioration qui
lui eût été agréable. La reine aimait son mari, qui promit de
lui être fidèle après la mort d'un enfant. Mais elle tint surtout place dans sa vie comme mère’. Encore ne voyait-elle pas toujours le dauphin. | Charlotte figure parfois à quelques fêtes. Comme Louis, elle ne fait pas toilette. Elle n’a ni robes somptueuses, ni bijoux. Ses robes sont surtout de satin noir ou tanné. Son argenterie paraît sans valeur. Elle n’a à sa disposition que très peu d’argent. En 1450, pour tenir sa maison, et ses chevaux, elle reçoit 32 125 livres. Sa maison ne comprend guère que quarantedeux officiers’. Pour aller à la ville ou à l’église, Charlotte n’a que deux chariots de cuir et une escorte de douze cavaliers. Elle à tout de même une petite écurie, une haquenée qui porte une housse de drap d’or quand elle va par le pays,
un cheval houssé de velours noir quand on la porteen croupe,
un chariot que traînent quatre chevaux pour transporter ses bagages, ses coffreset ses deux lits de camp. Sa distraction est de broder, de jouer auxcartes et au jeu de tables. Les heures que marque l'horloge armoriée près de sa chambre sont monotones. :
Charlotte avait des livres et elle en achelait : des Heures, des ouvrages de dévotion, avet des enluminures. Elle apprécie Guillaume Danicot, homme de grande culture, et sollicite de Paul II un bénéfice séculier en faveur de son protégé, afin « qu'il puisse s’adonner à la prédication pour laquelle il montre de grandes aptitudes». Des peintres de Tours eurent sa clientèle. Jean de Launay peignit dix images pour son livre appelé le « Livre des aveugles ». Jean Bourdichon travailla pour elle; la reine aidait les pauvres artistes enlumi-
1. Elle contribua cependant à réconcilier Louis avec le duc de Guyenne (Chr. Secand., I, p. 231). — 2. Bibl]. nat., ms. fr. 7855, p. 789, la liste de ses officiers cntre 1462 et 1479. — 3. J. Lesellier, Guillaume Danicot, p. 9.