Ibid., fol
. Ibid., fol, 1199. — 7. Ibid., fol. 125.
. Ibid., fol. 111"°, 133.
sité de grands deniers, alors qu'il convenait de faire de bons et grands fossés! « Il vouloit que ainsi on le feist »; et Louis demandait une assemblée générale.
Le roi parlaït sec : mais il parlait comme « citoyen » de Tours’. Le ruau Sainte-Anne est à combler : il nuit à la santé et à la navigation. Les épidémies sévissent pendant les chaleurs. Le roi est triste. Les guerres ne sont pas finies. Son enfant, « Monsieur François,est nagaire alé de vie à trespas ». Il dit qu'il est « fort desplaisant des parolles que on lui a rapporté des gens de ceste ville? ». On le consulte pour savoir si on doit jouer la Moralité de sainte Barbe. La représentation est remise à un mois*. Qu'on ne laisse rien construire le long des murailles“.
Si la présence de Louis à Tours a beaucoup contribué au développement de la ville, il s'en faut qu'elle ait été fort agréable à la municipalité et aux habitants. Comme toutes les bonnes villes, Tours a dù supporter, sous forme de prêts ou de contributions, les charges qui ont pesé sur la France au moment de la guerre contre la Bourgogne ou contre la Bretagne. On réquisitionnait des chevaux pour conduire des pièces d'artillerie, des vivres pour l’armée de Bretagne, des charrettes.
Mais il y avait sur la cité d’autres charges particulières. Ainsi les bouchers se plaignaient d’avoir eu à nourrir un hiver les oiseaux de Louïs : que le roi remette les 300 livres dues, « ilz serviroient encores ces dits oiseaux ». Il y avait aussi beaucoup de dépenses de vin d'office offert par «'curialité » à des officiers. Les petits officiers surtout paraissent avoir été insupportables ; et l’on voit, quand le roi réside au Plessis, en 1472, la municipalité offrir 12 muids d’avoine
+ Arch. com. de Tours, BB. 12, fol. 134.
. Ibid., fol. 141Y° (22 juillet 1473).
. 1bid., fol. 142.
+ Ibid., fol, 14370.
+ 1bid., fol. 116.
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aux fourriers pour qu'ils soient plus gracieux envers les habitants quand ils font les logements des gens du roi. Il y a aussi beaucoup de torches à porter, de carpes et de barbeaux à offrir, de vins d'honneur, quand les grands officiers traversaient la ville. Au jour de l'an, il faut faire un cadeau aux fourriers, afin qu'ils logent bien les habitants quand ils vont en ambassade devers le roi°. Et surtout les gens de Toursdoivent faire le guet *. L'hiver, ils sont astreints à des corvées ; le maire doit se rendre avec les habitants commandés pour rompre la glace sur le Cher, quand le roi passera en bateau‘. On réquisitionne des pelles de bois quand il descend en chaland à Notre-Dame de Béhuard*.
Louis a pris l’habitude de confier à la ville la garde de certains prisonniers dangereux, comme le comte de Roussy, Antoine de Luxembourg, capturé à Guipy en 1475. Il est surveillé par M. de la Challotière, mais aux frais de la ville. Nous voyons aussi Colinet de la Chaussée, prisonnier du roi, quin’a pas de quoi payer les frais de sa prison*. Il convient de faire des réparations au château, à cause de la garde du vicomte d'Aunay, et les gens de Tours doivent se relayer pour le surveiller‘. |
Le roi Louis connaît tout de même le cœur de ses gens. Il est bon pour les pauvres. On le voit accorder à la ville 1 000 livres pour acheter chaque jour une pièce de bœuf et la délivrer, aux jours gras, aux malades de la Maladrerie de Tours *. Il fait un don à Messieurs de la ville pour qu'ils puissent construire des moulins sur le grand pont de la Loire et l’Écorcherie, réaliser divers accroissements sur la rivière °. | |
1. Arch. com. de Tours, CC. 41 (1472-1494). — La même note est donnée par l'Échgvinage d'Amiens relativement aux droits du panetier (Arch. com. d'Amiens, BB. 9, fol. 66). — 2. Ibid., CC. 4a, fol. 89.
. Ibid., CC. 43, fol. 68Y0. — 4. Ibid., fol. 197. . Ibid., CC. 42, fol 210",
. Ibid., fol. 108-193.
. Ibid., fol. 110. — S. Ibid. — 9. Ibid., fol. ro0"°.
1 Où ©
Mais surtout Louis se montre généreux envers Saint-Martin. Le sanctuaire formait alors une ville entière, ceinte de murailles, qu'on appelait le Châteauneuf-Saint-Martin. Le tombeau du thaumaturge était derrière l’autel. Saint-Martin était célèbre par ses magnifiques cérémonies qui surpassaient en beauté celles des basiliques de Rome. Il y avait un trésor comme à Saint-Marc de Venise, des chants magnifiques, une maîtrise que dirigeait Ockeghem, maître de la chapelle et trésorier de la basilique. On le considérait comme l’un des premiers musiciens de son temps, un vrai phénix d'Arabie, un autre Orion; sa voix était merveilleuse !.
Louis avait confirmé les privilèges de Saint-Martin en 1471, rappelant la dévotion de son père au corps glorieux. L'année suivante, il fondera en faveur d'un pauvre un établissement assez singulier, mais qui dut avoir l'approbation du populaire®. Après avoir rappelé que le glorieux saint, à la porte d'Amiens, avait donné à un mendiant la moitié deson manteau, « ainsi qu'il est figuré à la porte de l’esglise de mondict sieur saint Martin estant en nostre ville et cité de Tours, de laquelle esglise nous sommes abbé », Louis établissait à
toujours un pauvre devant la porte, alimenté, vêtu, chaussé, aux dépens de l’église, lequel se tenait au droit des Changes, là où était figurée l’image de saint Martin. La robe du pauvre était blanche et rouge. Aux fêtes solennelles, il devait se tenir près du bénitier; devant lui il y avait une petite tablette, « affin que les passans cognoissent que c’est le pouvre du mondit sieur saint Martin, fondé à nostre dévocion ». Ce malheureux devra être désigné par les chanoines; si c’est un homme dissolu et incorrigible, on le remplacera.
Ici Louis est populaire. Il l’est encore quand il exempte les serruriers de Tours, ces bons ouvriers auxquels il fallait quinze jours pour faire une serrure, et qui travaillaient sans