Lettres, VI, p
4. Le roi est de plus en plus exigeant. De Péronne, le 16 février, il demande aux gens de Compiègne des maçons et des charpentiers pour l'armée. Nouvelles lettres
ce parvenu qui a son beau château à Cléry-sur-Somme. D'autres serviteurs du feu duc Charles, comme Guillaume Hugonet, chancelier, et le seigneur de Humbercourt ont prêté l'oreille aux offres du roi; ils sont tout prêts à le servir, si le mariage du dauphin et de Marie de Bourgogne se fait.
Jamais situation n'avait été moins claire. Les gens d'Arras ne pouvaient croire à la fin du Téméraire*. Ils avaient reçu gracieusement le roi Louis lorsqu'il était passé dans la ville, au mois de janvier 1464, et qu’il allait joyeusement le long de la rivière, « tout esbatant au vol de ses oysiaulx » *. L’évêque d’Arras l’avait mené à Notre-Dame par la main.On lui avait offert quatre pots d’étain' aux armes de France et d'Arras. Le roi avait reçu les clefs de la ville, mais refusé l'entréeaux bannis. «Et pour cequeilzs’avanchoientaucunement de aller après lui, il tourna son visaige et les regarda en faisant signe de sa main qu’ilz demourassent sans y entrer.» Louis avait visité la Sainte Chandelle, résidant chez Richard Pinchon « où il prit vins et espices ». Et c’est un fait que l’on avait sonné à toute volée, et si fort, la « ban cloque » qu'elle fut brisée ce jour-là. Mais à Arras on avait célébré plus tard un service pour la mort de Philippe le Bon. Charles le Téméraire y avait fait aussi une joyeuse entrée, le ro juillet 1467. Il y avait levé des gens de guerre pour combattre les Liégeois *.
Cela ne veut pas dire que les gens d'Arras fussent de déterminés Bourguignons. Îls étaient surtout des marchands que la guerre désolait. La ville et la banlieue étaient ruinées
pour demander des boulets de fer et de pierre. Il exige un prêt de 500 écus d'or. La ville est pauvre. On songe à engager la cloche à Paris. Les attournés insolvables sont emprisonnés à lu charge de la ville (Arch. com. de Compiègne, BB, 5).