‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 219 sur 289 · Ibid., B. 1778, fol. 282Y · texte numérisé non relu

Ibid., B. 1778, fol. 282Y

5. Rossignol, p. 70, 26 mars. — Jean II de Chälon, prince d'Orange, venait de passer à l'ennemi (U. Legcay, II, p. 270-271). La duchesse Maric l’avait nommé son lieutenant dans les deux Bourgognes.

6. Payement à Thibault la Levre, peintre et verrier, qui a fait quatre figures de l'homme pendu par les pieds (Arch. de la Côte-d'Or, B. 1778, fol. 2860).

duché de Bourgogne'. Mais Louis continua en somme à.

agir avec douceur et politique. On le voit confirmer les privilèges pour la Chambrede Dijon, toutes les attributions que le dernier duc de Bourgogne lui avait données *. Le roi délivre une abolition et confirme les privilèges pour les habitants de Chalon-sur-Saônes. Il s'intéresse à la cathédrale Saint- Vincent de Chalon‘ et déclare que le sel vendu en Bourgogne devra provenir désormais des greniers de cette province”. Louis faisait connaître la ratification d’une trêve qu’il venait de conclure avec le duc d'Autriche, afin qu'on pût en sécurité transporter les marchandises. On s'organise, et le roi fait soigner les vignes?. C'était là un ensemble de mesures habiles et qui devaient intéresser davantage les Dijonnais que les nouvelles des guérillas de la Comté : elles faisaient oublier la bagarre de Dijon du mois de juin, quand les gens du faubourg Saint-Nicolas avaient envahi la cité aux cris de: « Vive Bourgogne, à bas les gros! » Les gros, c’étaient les gens du roi : la Trémoiïlle, le président Jouard, qui avait été tué dans la rue, Philippe de Hochberg, Guillaume de Vergy, le receveur général Vurry, tous les avides qui recueillaient les offices et aussi de l'argent. L’insurrection avait échoué. On fitquelques arrestations et on exila ceux qui n'étaient pas partisans du nouveau régime.

Un coup plus sensible fut porté à Louis dans la Comté, devant la place de Gray, la seule que le roi avait fait occuper. Guillaume de Vaudrey et Salazar, l'ancien routier, s'emparèrent de la place au mois de septembre. La Trémoiïlle y perdit son artillerie et laissa, dit-on, trois mille hommes sur le champ de bataille. M. de Craon, qui était cependant

1. Ord., XNITI, p.276 (6 juin 1477). — Il reçut l'office de gouverneur de Dijon. La garnison fut renforcée de 50 compagnons de guerre, qui veillent jour et nuit, au mois d'août, sous le commandement de M. de Baugy, capitaine de M. de Blancafort (Arch. de da Côte-d'Or, B. 1778).

2. Ord., XVII, p. 283. — 3. Ibid., p. 284. — 4. Ibid., p. 185.

6. Ibid., p. 291 (septembre). — 6. Jbid., p. 204 (18 septembre).

. Arch. de la Côte-d'Or, RB. r78r.

fidèle, « un peu trop aimant son profit ! », fut révoqué. Le roi charge Charles d'Amboise, qui avait fait ses preuves en Champagne, de réduire les villes révoltées, de convoquer le ban et l'arrière-ban, de raser toutes les places qui ne pourraientêtre gardées ou défendues. Justice impitoyable pour les déserteurs. Le roi distribue les châtellenies de la Bourgogne à ses officiers. Mais il continue cependant à organiser : Philippe Pot est désigné pour recevoir les hommages dela Bourgogne*. Ordre est donné au Parlement de Paris de renvoyer au Parlemènt de Bourgogne les causes concernant les Bourguignons*. Seigneurs et habitants de la Bourgogne ressortiront désormais des bailliagesroyaux de la province. Louis tranche la question épineuse du ressort des terres enclavées 5. Défense de distraire les Bourguignons des juridictions du pays‘. La chancellerie de Bourgogne est installée sur le même pied que la chancellerie royale®.

Le roi, qui a laissé Charles le Téméraire se perdre luimême, va tuer cette fois le mort : il le fera par le droit. Il lève contre lui l’arme de lèse-majesté qui autorise la confiscation de ses biens. Alors il fait répandre un long récit des événements par une circulaire : c’est une page de chronique que le roi Louis écrit pour son peuple.

11 rappelle que le duc Philippe, sa vie durant, s'était toujours conduit envers lui avec douceur : préambule habile, puisqu'il y a lieu de croire que Philippe le Bon était resté populaire. Mais le roi l’affirme : les ducs de Bourgogne, tant à cause de leur extraction que des terres mouvant de la couronne, sont ses hommes, ses vassaux et ses sujets. Ils devaient lui garder

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