‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 220 sur 289 · Ibid., p. 368. — 4. Ibid., p. 372. — 5. Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 368. — 4. Ibid., p. 372. — 5. Ibid., p

6. 1bid,, p. 390. — 7. 1bid., p. 382. — Antoine de Bourgogne, le grand Biltard, le fils de Jeanne de Presles, fait prisonnier à Nancy, passe au service du roi (Urbain Legeay, Il, p. 281).

fidélité. Malgré ses serments, le duc Charles, dès qu'il put avoir autorité sur son père et sa maison, excita la révolte des seigneurs contre Louis. Il a pris par force des places, et assiégé Paris. Or, disait le roi, « combien que pour ceste fois l’eussions dissimulé », et entretenu en bonne paix pour le serment qu’il nous fit, dès qu'il eut pris le titre de duc, il a troublé la paix et la tranquillité de notre royaume et envoyé ses gens d'armes en Normandie. À Péronne, qu'il tenait injustement, il nous a fait venir, grâce à une cédule signée de sa main qui nous permettait de retourner librement : et nous y allâmes, désirant plutôt douceur que rigueur. Alors il fit fermer les portes de la ville et il osa nous arrêter, attentant contre notre personne : ce n’est que sous la crainte de l'émotion causée dans notre royaume qu'il nous relâcha. Malgré ses promesses, le duc n’a pas fait l'hommage qu'il nous devait et il a continué à entretenir les divisions. Nous lui avons offert de l’entendre au sujet des réparations : il n'y a jamais consenti. Charles nous a fait une guerre ouverte, incendiant Nesle qui s'était rendue à composition; là il a massacré tout le peuple, ceux qui s'étaient réfugiés dans les églises et dans les lieux saints. Aux uns il a fait crever les yeux, couper les poings, aux autres la langue, laissant ainsi ces malheureux aller par le monde comme un témoignage vivant de sa cruauté, tel un tyran inhumain. Charles s’est allié avec les Anglais, nos anciens ennemis, et il a porté d’une manière ostensible l'ordre de la Jarretière. Comme un autre Lucifer, il s’est fait appeler souverain seigneur, et il a créé un Parlement à Malines avec la prétention de juger nos propres sujets. Il a attiré à lui le comte de Saint-Pol, en son vivant notre connélable, qui lui baïlla son sceau; car il entendait s'emparer de notre personne et de celle de notre fils, le dauphin, pour détruire notre postérité. C’est lui qui a fait descendre les Anglais en France, comme chacun sait. Mais, par la grâce et miséricorde de Dieu, par l’intercession de la glorieuse Vierge Marie, en laquelle après

Dieu est notre espérance, le projet déloyal de Charles, sujet dénaturé, contre une maison dont il est extrait, a échoué. Nous avons pu nous entendre avec notre très aimé cousin et puissant prince, le roi d'Angleterre, et nous avons fait un traité avec lui pour notre repos et celui de notre royaume. Alors Charles a vu qu'il ne pouvait venir à ses fins, iniques et damnables, et Dieu, pour le punir, l’a fait mourir ignominieusement.

Nous avons voulu recouvrer les terres de l’apanage de France et les mettre en notre main par délibération de notre conseil. Notre cousine, fille dudit feu Charles, s’est efforcée d'usurper contre nous ses terres; elle nous a fait désobéissance et guerre ouverte : c'est alors que nous ayons été amené à procéder à main armée. Et Louis invoquait une fois, de plus, la justice. C’est à la requête de son procureur général qu'il agissait, car il lui avait fait observer que Charles, en son, vivant, avait commis le plus grand crime de lèse- majesté. Le droit de confiscation est donc acquis. Nous vous écrivons « afin que chascun congnoisse plus nostre droit, la grande raison et justice que nous y voulons tenir, et que ce que avons fait et faisons est pour la conservation des droits de nous et de nostre couronne, pour la seureté de nostre royaume... » |

L'affaire viendra au Parlement de Paris. En attendant, saisissez les terres et les biens, disait Louis, qui n’a même pas signé le factum, car il porte sur le repli : « Par le roy en son conseil. À. Disome. »

Mais Louis nommera ce document « ses grandes lettres »; et le même jour, on le voit écrire aux gens du Parlement pour qu'ils travaillent avec diligence à ce procès !.

1. Le ms. fr. 5079, auquel nous avons emprunté la planche qui illustre ce chapitre, est un témoignage bien curieux de l'esprit procédurier de ce temps. Le procureur du roi reprend toute la question des origines historiques de la succession de Charles le Téméraire.

Le roi Louis, paysan, a son procès. 11 demanda de rechercher des lettres compromettantes de Mademoiselle. Ainsi il répond au coup du prince d'Orange.

Maximilien réunit ses troupes, et il tient à Bruges son chapitre de la Toison d'or, où le chancelier de l’ordre parle en allemand. Dans la Comté, Philippe de Hochberg, maréchal, et Charles d’'Amboise viennent de faire du bon travail, ainsi qu’à Beaune. Toute l'artillerie se met en mouvement’. Le Charolais, le Morvan, l’Auxois, le Châtillonnais sont au pouvoir du roi. De Dijon, on envoie à Sa Majesté sa moutarde et ses vins. Étienne Berbisey, le maire, est récompensé pour ses bons et agréables services, lui qui s’est donné tant de peine pour pacifier les commotions. Ils ont bien travaillé, M. le chancelier, M. du Bouchage, M. de la Roche et Commynes qui sont venus demander subtilement les clés de la ville et les ont obtenues *.

Le roi va descendre dans sa nouvelle province, puisque la Comté est réduite. On l’attendait depuis deux mois, lui préparant une belle réception et quarante caques de vin, et du meilleur. Le maire, les échevins, les procureurs vont à sa rencontre, en robes rouges, comme ils allaient naguère au-devant des ducs de Bourgogne. Et Jean Beligne, le peintre, a fait le grand tableau de bois « où il y a les armes du roy » qui est mis sur la Porte Guillaume.

C'était le 3r juillet{. Alors la Bourgogne est brûlante et chargée de grappes. On offre le vin au roi, ainsi qu'aux sei-

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