Commynes, II, p
3. Ord., XVIII, p. 391. Cf. p. 524; mais les appels du comté de Boulogne iront au Parlement de Paris (Ibid., p. 394).
pas en Flandre une guerre sans fin, comme en France. Il aimait mieux toucher sa pension de 50000 écus que :les Anglais appelaient le « tribut' ». De son côté, le roi Louis préférait pensionner ses conseillers, gagner du temps, entretenir les Anglais avec de bonnes parcles. Le roi Édouard faisait même rappeler la promesse de mariage du traité de Picquigny entre sa fille et le dauphin. Il aimait ses plaisirs, ses écus; c'était un homme « pesant”? ». Ainsi, des deux côtés, on ruse, on dissimule. Mais Louis, pendant ce temps, a fait la conquête d'Arras et il occupe la Bourgogne.
Non, décidément, le dauphin est trop jeune pour l'héritière de Bourgogne. I] a sept ans. Marie est d'âge nubile. C'est d’un homme que l'héritière et les Bourguignons ont besoin. Ainsi raisonne Mme de Hallwin, sa demoiselle, cousine de ‘ Philippe de Commynes. On cherche cet homme. C'aurait pu être Mgr d'Angoulême. Le duc de Clèves avait espéré que ce füt son fils. On invoqua, avec à propos, une lettre que le duc Charles avait dictée à Marie pour le fils de l'Empereur, au temps où il pensait s’allier au roi des Romains. EtMaximilien d'Autriche avait reçu jadis de Marie un anneau et un diamant. La duchesse douairière de Bourgogne avait fort travaillé à cette union durant le séjour à Gand. Les ambassa-
1. Commynes, I, p. 3. — Un système d'arbitrage, renouvelé, régla tous les diffirends entre la France et l'Angleterre entre 1475 et 148: (Lenglet du Fresnoy, Preuves, IV, p. 536-539). Le roi veille lui-même à ce que les Anglais soient régulitrement payés. En 1479, c'est Guillaume Restout qui est chargé de porter de Dieppe au roi d'Angleterre « certaine grande somme de deniers » (Bibl. nat., ms. fr. 32541, fol. 376). Louis reçoit de la manière la plus honorable les ambassadeurs d'Angleterre qui lui ont présenté des chiens de la part de leur maître. Le roi entend que les Anglais soient payés sur les « deniers de la guerre » (Jbid.). Il envoie chercher rapidement à Tours l’argent pour les Anglais (/bid., fol. 379"°). Il fait euvoyer en Angleterre des draps de soie (/bid., fol. 384). 11 fait équiper le Volant et le Dauphin de Dieppe pour faire passer en Angleterre l'argent du terme de la Saint-Michel (Ibid... fol. 3880).
2. Commynes, Il, p. 7. — Cette alliance ne fut pas sans inquiéter le roi Louis qui était renseigné par un gentilhomme allemand nommé Henri Hisbuch. Il envoya en Allemagne Robert Gaguin, général des Mathurins et humaniste. Mais la mission arriva trop tard (Urbain Legeay, Il, p. 289-291).
deurs de l'Empereur s'étaient rendus dans cette ville. Marie les avait reçus gracieusement, disant qu'elle remettrait l'affaire à la délibération du conseil’. Elle est disposée à obéir à ses parents, reconnaît sa lettre et l'anneau. Et Maximilien se rend à Cologne où les serviteurs de Marie vont au-devant de lui. C’est un pauvre garçon, assez mal élevé, désargenté, un imprévoyant comme le duc Charles. Mais il est, comme lui, ambitieux.
On le conduit à Gand où il fait son entrée avec sept ou huit cents chevaux, le 18 août 1477. Les dames le baïisent à l'arrivée. Suivant un naïf usage, Mile de Bourgogne a dissimulé dans son corsage un œillet que le prince devait découvrir. Il ne peut réussir à le trouver et, sur l'avis de l'évêque de Trèves, Marie entr'ouvre ses vêtements®. Le mariage a lieu dans la chapelle de l'hôtel de Ten Walle, à cinq heures du matin*. De l'argent, Maximilien n'en apporte pas. Mais l’héritière de la maison de Bourgogne est riche pour deux. Ils sont jeunes. Maximilien a dix-neuf ans et Marie vingt ans. Ils ne connaissent rien aux affaires. Maximilien est un élranger. C’est un de ces pauvres et rudes Allemands. |
Et tandis que Louis gagne toujours en Artois des places, Commynes médite et pense que si les femmes avaient eu en France l'héritage du royaume, il serait depuis longtemps passé en main étrangère“.
C’est ce qui devait arriver à la Flandre et aux Pays-Bas. Louis le comprend aussi, lui qui vit ce mariage avec quelque appréhension. Mais il a tant de besogne sur les bras, tant de places à conquérir! |
. Commrynes, II, p. 13. |
. Rapport des envoyés brandebourgeois. Cité par Rousch, p. 177. . Olivier de la Marche, III, p. 244.
h. Commynes, II, p. 15.