‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 234 sur 289 · À. J. Paris, op. cit., p. 29 et À. Laroche, op. cit · texte numérisé non relu

À. J. Paris, op. cit., p. 29 et À. Laroche, op. cit

Il n’y a qu'à vouloir, à savoir clairement ce que l'on veut. Et ce qu’il veut, lui, c’est renouveler à Franchise « le métier et l’artifice de draperie » à l’aide de ses facteurs. Les produits de la fabrique devront être marqués avec un sceau de plomb, portant d’un côté un F couronné accosté de deux fleurs de lys et au revers d’une grande fleur de lys couronnée. Les laines et les draps fabriqués à Franchise circuleront par tout le royaume, libres de tous péages, de toutes impositions. Les drapiers de Franchise jouiront des mêmes privilèges que ceux de Rouent. La France doit contribuer à cette œuvre nationale et les bonnes villes former des Bourses pour soutenir le commerce des laines d’Arras.

Jamais Arras ne devait cependant retrouver son antique prospérité. On n’impose pas une fabrique royale aux bonnes villes.

Louis a rendu maintenant l’échevinage à Franchise. Il veut fondre en une seule administration les éléments disparates qui la composent. Mais il désignera les échevins de r48r, au nombre desquels nous trouvons Jean du Lis, dit la Pucelle, le parentde Jeanne d'Arc® : ces administrateurs n'obtiendront aucun résultat. Car les colons « se gouvernent aussi mal qu'ils le peuvent pour se faire chasser comme mauvais ménagers et retourner dans leur patrie ».

On a voulu voir dans cette affaire d'Arras une vengeance du roi, un acte de barbarie*. C’est bien autre chose : le conflit de l’idée et des faits. Un homme intelligent comme l'était Louis ne se venge pas. Il imagine ct crée. Maïs Franchise, symbole des libertés, est devenue terre deservitudet. Le vieux

1. Voir l'important document du 3 juin 1481 publié par Boutiot, op. cil.,

3. À. Laroche, Une vengeance de Louis XI (Mém. de l'Académie d'Arras, XXXVII, | 1866). |

4. Le registre aux bourgeois (1464-1524) ne montre pas de lacune apparente. En fait, la vie municipale cessa de 1479 à 1482. Le r7 octobre 1482, Louis XI accorde

roi est dans l'absolu. Il ne regarde que la France, le domaine, le royaume. Pas plus qu'il n’a vu les larmes de Nemours, il n’a entendu la plainte du ménagier de Troyes qui languit de sa terre natale, ni compris la ruse du travailleur contraint. Le roi ne voit que sa France, ses draps marqués de l’F de Franchise qui circuleront librement.

Alors Louis se retourne vers son royaume, son grand royaume, sa terre et son bien. Il se sent vieux et il entend rédiger comme un testament. Car la vie et les affaires ne nous laissent jamais le temps d'organiser. Cette idée du temps qui fuit l'humanise à nos yeux. -

Sa grande idée, son rêve, c’est l'unité. Il veut la France unie et policée. Au Parlement, par exemple, avec les avocats bavards, leurs longs procès, quelle perte de temps pour chacun! Quelle pillerie pour les clients! Un poids, une mesure, une coutume pour tous rédigée en français dans un beau livre, voilà une belle idée!. Depuis longtemps elle le préoccupe” ; longtemps, elle retiendra son attention. Mais pour codifier les coutumes, il faut aussi connaître les lois des pays étrangers. Le roi donne l’ordre au seigneur du Bouchage de faire venir le petit Florentin « pour savoir les cou-

à Arras des octrois sur le sel pour entretenir la ville et les ménagiers. C'est le second traité d'Arras (décembre 1482) qui sanctionna la nouvelle situation de la ville. Arras retrouvera son ancienne police et gouvernement « sous la main de Monseigneur le dauphin ». Chacun peut rentrer chez soi, et même les partisans du duc d’Autriche (A. J. Paris, op. cit., p. 42-43). On lit dans le Papier des ouvrages de la ville du 10 mai 1484-1485 « qui fut le premier échevinage depuis que ceulx de la ville furent remis et reintegrez en icelle aprez qu'ilz en avoyent esté envoyez par le Loys unziesme de ce nom ». — Charles VIII, le 19 septembre 1487, soldera les prêteurs Troyens de 1481 (Boutiot, op. cit., p. 205). Dès 1484, il avait permis aux anciens habitants d’Arras de revenir dans leur ville.

1. Commynes, II, p. 37. — Le roi a convoqué à Paris, pour le 12 juin, les officiers de Justice, des Aides, les marchands « pour certaines grandes causes qui touchent l'estat de la couronne et bien universel de tout le royaume de France ». (Arch. com. de Beauvais, BB. 10, fol. 226 v°). Les marchands de Compiègne sont convoqués pour la même dale. (Arch. com. de Compiègne, BB. 6.)

2. Au mois de novembre 1479,un édit important fixe le fonctionnement des appels et réagit contre les « causes immortelles », c’est-à-dire sans fin. (Ord., XVIII, p. 516).

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tumes de Fleurance et de Venize: et le faites jurer de tenir la chose secrète », ajoute-t-il!. |

‘Car même quand on travaille pour le bien du pays, Louis pense qu'il faut le faire en secret.

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