Ibid., p
de mer de Normandie couraient sur les pêcheurs de harengs, les Flamands, et en faisaient la « plus grante desconfiture qui, passé a cent ans, fut faite sur mer ! ».
Jamais la situation n'avait été aussi obscure. A l’intérieur, Jean de Doyat et Jean Avin enquêtent sur les agissements de Jean II de Bourbon, beau-frère du roi *. Jean Hébert, évêque de Coutances, son intime, est arrêté sous le prétexte qu'il se mêlait fort « d'astrologie et de caractères * ». Le 4 septembre, on reçoit solennellement à Paris Julien de la Rovère, cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens, légat du Pape Sixte IV, autorisé exceptionnellement à exercer sa légation et à porter la croix, sauf en la présence du roi“. Sera-t-il, l'Italien, l’ange de la paix, capable d'apaiser tant de rancœurs, de faire taire tant de menteurs?
La ville de Paris est tendue de tapisseries quand il passe pour aller prier à Notre-Dame. Le cardinal de Bourbon le suit comme son ombre. Le roi surveille les événements de loin. Le 6 septembre, le cardinal est reçu par maître Olivier le Diable, le barbier, qui le fête plantureusement et l’'emmène chasser dans le parc du bois de Vincennesi. Il officie solennellement à Notre-Dame, donne des soupers à l’hôtel de Bourbon, voit gentilshommes et gens d'Église, visite Saint- Denis; puis il prend le chemin de Picardie pour commurniquer avec les Flamands « et essaier de faire aucun accord entre le roy et eulx sur leurs différens° ».
1. Chr. Scand., II, p. 95.— Les interrogatoires de Charles de Martigny, en juillelseptembre 1480, montrent combien les négociations franco-anglaises étaient difficiles. I1 fut insulté à Londres, appelé «chien de France » (Bibl, nat., ms. fr. 6987, fol. 189-217).