Joseph Calmette, p
2. Ibid., p. 228. — C'est là le prototype du mot que l'on prète à Louis XIV.
trouvèrent dans Jean de Calabre, fils du roi René, un beau jeune homme que l’on disait rempli de vertus, et qui était surtout un des meilleurs chefs d'armée de ce temps. Depuis longtemps la Provence et la Catalogne échangeaient leurs produits. Le roi René accueillit les Catalans et Louis se rangea aux côtés de René. Jean de Calabre, par sa bonne grâce et sa belle allure, avait conquis Les partisans de la révolution. Il sut se faire aimer des sujets de son père. Tout en lui était séduisant : sa prestance, son courage chevaleresque et son ardeur. Il avait respecté jusqu'au dernier scrupulé les privilèges du principat. Mais il devait mourir trop tôt, à Barcelone, au mois de décembre 1470. Jean de Calabre fut pleuré et solennellement enterré !.
Ce fut une immense douleur pour le roi René qui perdait son unique fils, le soutien de ses droits sur tant de royautés imaginaires. C'était surtout la fin de l’administration angevine dans Barcelone où Jean II d'Aragon rentra en vainqueur, le 17 octobre 1472. Il venait assiéger Perpignan où Louis XI se résigna à un accommodement. Jean II, à son tour, est devenu l'idole des Catalans ; et par le mariage de Ferdinand et d'Isabelle, il laisse deviner la future unité de l'Espagne.
Mais voici le roi René bien vieux, et surtout très las. I} ne s’est pas consolé de la mort de Calabre. Il a quitté l’Anjou, où il avait tant aimé édifier, planter des jardins, écouter chanter ses oiseaux, pour son comté de Provence. Il y fait plus doux. Il y vivra comme un roi berger au milieu de ses grands troupeaux. Il est plus près encore de sa chimère, de ses rêves de poète et d'artiste. Mais s’il y trouve la paix de son cœur, le roi Louis, qui n'avait eu cependant qu’à se louer-de René au temps de la guerre du Bien public et de la guerre de Bretagne”, qui avait concédé à son oncle bien-