Calmelte, p
2. Lecoy de la Marche, le Roi René, 1, p. 359, 372; Amb. Mil., HI, p. 142. Le roi l'avait acheté. ;
aimé, qu’il nommait alors son père, le privilège royal de sceller ses lettres de chancellerie de cire jaune, sut bien le tourmenter de loin. Car Louis était pressé vraiment d’en venir à ses fins qui étaient dé réunir à son domaine l’Anjou et la Provence.
La conduite du petit-fils du roi René, Nicolas d'Anjou, traité à la cour comme le gendre du souverain, et qui le servait à l'armée, lui en donna le prétexte. Le bruit s'était répandu que Nicolas s’était retiré dans son duché de Lorraine et qu’il allait épouser la fille du duc de Bourgogne, l'irréductible ennemi de Louis. C’est que le roi ne l’avait pas soutenu en Catalogne. Nicolas avait fait un traité d'alliance avec Charles le Téméraire, en attendant l’accomplissement de son union matrimoniale avec Marie de Bourgogne*. Et Louis, furieux, entendait rendre responsable de ces tractations le vieux roi de Sicile. Mais Nicolas mouraitsubitement$.
C'était la fin de la maison d'Anjou.
La question de la succession se posait. Le roi Louis n'y avait aucun droit, et le vieux roi René avait désigné pour son héritier René, duc de Bar, son petit-fils, et son neveu Charles, pour le comté de Provence et le duché d'Anjou“. La terre va échapper au roi ! Un seul moyen violent demeurait à Louis : la saisie.
À vrai dire, il y avait longtemps que Louis avait des vues sur Angers. Les habitants l’avaient parfaitement accueilli, en janvier 1462, lors de son premier et joyeux avènement, et ils lui avaient offert un tableau d'or°. Le roi aimait à des-
. Lecoy de la Marche, 1, p. 373.
. Ibid., I, p. 387.
. Le 27 juillet 1493.
. Testament du 22 juillet 1474.
. En 1466, l’envoyé de Milan a recueilli le bruit que si le roi René avait fortifié
Angers et avait garni la ville d'artillerie, c'est peut-être parce qu'il redoutaït le roi de France (4Amb. Mil., IV, p. 306).