DE
cendre dans l’île de Béhuard, là où la Loire devient si large, et semble conduire vers la Bretagne ennemie. Il y a, sur un rocher dans l’île, une chapelle rustique dédiée à Notre- Dame. Louis se souvient qu’il a été sauvé d’une noyade par Notre-Dame de Béhuard en 1442, et il lui a fait un vœu. Il y revient en 1470, après avoir visité les villes de la Basse- Normandie, et dépose devant Notre-Dame des images d'or et d'argent, des offrandes. Il y retourne en 1472, demeurant dans la maison du chapelain ou du bailli. Le roi Louis aimait les simples et petites maisons. Pendant une quinzaine, au mois de juillet, il se promène sur l’eau, avant de se rendre aux Ponts-de-Cé d'où il expédie ses ordres durant le siège de Beauvais. Le roi était pieux. Mais il confond le salut de son âme et celui de son royaume. Il est aux écoutes et il cherche à gagner le cœur de ses futurs sujets, les. Angevins. Louis séjournait à Béhuard quand il a décidé de mettre la main sur la ville et la municipalité d'Angers.
Louis se montra d’ailleurs habile. Le 21 juillet, il envoyait à Angers messire Guillaume de Cerisay, l'un de ses secrétaires, avec trois chambellans. Ils déclarent à MM. le chancelier, le sénéchal et juge d'Anjou qu'ils ont des lettres de créance à présenter à MM. de l’Église, nobles, bourgeois et marchands. Le vendredi suivant, jour de la Sainte-Madeleine, il y a réunion des notables dans le Palais d'Angers. Cerisay donne lecture de ses lettres ; il parle. Guillaume de Cerisay allègue que le roi de Sicile s’était démis. Il avait donné à M. le comte du Maine, son neveu, le duché de Calabre. Le roi ne savait si René de Sicile ferait ainsi de l’Anjou. Mais il n'avait pas le droit de le faire. L’Anjou ést un apanage. Les habitants du pays d'Anjou ont toujours été nobles et loyaux sujets de la couronne de France, « comme avait apparu à Baugé » où ils avaient repoussé les Anglais en 1421. Et Cerisay de conclure que si le roi de Sicile en faisait don, notre