Ord., XVIII, p. 589 (octobre
3. Cf. Bibl. nat., ms. fr. 6988, fol, yo ; Palamède Forbin, seigneur de Solliers, en qui le roi a loute confiance, est fait lieutenant de Louis en Provence (Jbid., fol. 115). Marguerite d'Anjou, noble dame, ex-reine d'Angleterre, meurt en 1482, après avoir soulagé le peuple dans la grande famine de l'année précédente (Guillaume Oudin, p. 134, 138). Dès octobre 1480, le roi avait obtenu d'elle, en souvenir des services que lui avait rendus Charles VII et des secours qu'il lui avait faits, la cession de ses droits sur les duchés de Bar et de Lorraine (Ord., XVIII, p. 585). Cf. Bibl. nat., ms. fr. 6988, fol. 166, 170.
&. Leltres, IX, p. 118. Cf. Bibl. nat., ms. fr. 20491, fol, 35, qui-doit faire allusion au Livre des Privilèges de Provence.
5. Lettres, IX, p. 120. — Notre-Dame-de-Salles, à Bourges, était invoquée par les paludéens du Berry et de la Sologne. On croyait alors qu’un mal chassait l'autre, la fièvre le haut mal. — Au mois de mai 1482, comme comte de Provence, le roi fonde une
Le 26 décembre, Louis fait demander aux Lyonnais d'envoyer deux notables marchands à l'assemblée qui va se tenir pour délibérer sur le développement commercial de la Provence.
A Thouars, qui est si recueillie et triste, Louis dicte à Parent, secrétaire. Il évoque son comté de Provence où il a de si beaux havres, plages et ports de mer où, de toute ancienneté, descendent les nations chrétiennes et infidèles, Marseille « la renommée ». Il entend plus que jamais y faire affluer « toutes nations estranges », leurs nefs et leurs galées, faire construire de nouveaux navires, développer le commerce pour augmenter la richesse de tout le royaume. Car il donnera à la grande cité, à la Provence, de telles franchises et libertés que tous viendront y décharger leurs denrées. De là, elles gagneront Bordeaux, Paris, Rouen, l'Angleterre, l'Écosse, la Hollande, la Zélande, l'Allemagne, les pays du Ponant pour le profit des marchands et de tous !. C’est Michel Gaillart, un de ses principaux financiers et l’un des organisateurs de la marine du roi, qui réglera les détails. Et le roi écrit encore au roi de Tunis pour qu'il restitue un navire naufragé dont la cargaison venait d’être saisie par son fils ; car il veut qu’on sache bien que c'est lui l'héritier de René de Provence, et qu’il n'entend pas supporter les méfaits de la piraterie ?. Louis recommande au Soudan d'Égypte les galères royales Notre-Dame Sainte-Marie et N.-D. Saint-Martin qui se rendent à Alexandrie et à Beyrouth *.
La porte de l'Orient s'ouvre sur le domaine de France.
collégiale à Tarascon, sur le type de la Sainte-Chapelle. Il se souvient des grâces que Dieu lui a faites dans sa vie, pour sa santé, pour celles de la reineet du dauphin, par l’intercession de Marie, des saints et saintes du Paradis, de Mme sainte Marthe dont le corps repose à Tarascon. Il donne un souvenir au principal fondateur de l'Église, Clovis (Ord., XIX, p. 7). — 1. Lettres, IX, p. 123-125. ;
2. Lettres, IX, p. 129-131, 132-134. — 3. Lettres, 1X, p. 136-138. — Le roi fit le projet d'une compagnie générale de commerce et de navigation dans le Levant au capital de 100000. Mais les marchands des bonnes villes, réunis à Tours en février 1482, ne voulurent pas le suivre préférant le libre échange (Ch. de La Roncière, la Marine française sous Louis XI dans les Pusilions des thèses de l'École des charles, 1892).
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Le roi Louis avait trop le sentiment de l'héritage pour ne pas aimer l’héritier. Contrairement à toutce que l'on a écrit, il a été un bon père. Et le roï a donné à son filsle plus dévoué de ses serviteurs, son compère Bourré, pour veiller sur lui‘.
Jamais enfant n'avait été plus désiré que Charles. Pour sa naissance, Louis avait beaucoup prié; il avait fait maintes offrandes aux pauvres et accompli des pèlerinages. Quand l'enfant naquit, le 3 juin 1470, le roi eut un bonheur profond. Mais Louis ne veut pas de feux de joie, « ni autres joyeuzetez ? ». Il demande des prières pour lui, pour la reine, pour le dauphin « et leur noble lignée ». Louis songe qu'il a un héritier, et que son frère, Charles de France, son rival, ne pourra plus se dire son successeur.
Jean Bourré est un brave homme et sûr. C’est un autre lui-même. Louis lui confie l'héritier, ainsi qu’à Madame des Tournelles*, fille du seigneur de Crussol, le fidèle gouverneur du Poitou. Le petit Charles demeurera à Amboise.
1. G. Bricard, Jean Bourré, p.,204; Marchegay, Bourré, gouverneur du dauphin {Revue industrielle de Maine-et-Loire) ; J. Vaesen, Nolice biographique sur Jean Bourré (Bibl. de l'École des chartes, t. XLIHII, 1882, p. 432-460).
2. Arch. com. d'Amboise, BB. 1, fol. 44 v° ; G. Bricard, op. cil., p. 205.'— Le roi le fait mettre dans la « frazie du Saint Esprit de Paris ». Bibl. nat., ms. fr. 6559, âol. 9.
3. « Vin donné de par la ville au maistre d'ostel, à Madame de Tournel, gouverneresse de Mons. le Daulphin, au prevost des marechaulx Tristan l'Ermite »,
1° octobre 1476 (Arch. com. de Tours, CC. 42, fol. 2050). ( l
Le château, qui domine la Loire, est alors une puissante forteresse *. [Il n’y a que quelques maisons au pied des murailles à pic. L'endroit paraît moins exposé que le Plessis, qui est dans la banlieue de Tours, une grosse ville plus difficile à surveiller, où les épidémies sont assez fréquentes. Car le dauphin Charles était délicat et malingre. Bourré renseignait Louis sur sa santé. Il faut bien rassurer le roi, et M. du Plessis donne régulièrement de ses nouvelles : « Sire, Monseigneur le dauphin est, Dieu mercy et Nostre Dame, en très bon point, et fait très bonne et joyeuse chère. » Si l'enfant tousse, le père est anxieux. Il faut savoir où il a pu prendre froid, aux champs, sans doute. Et Bourré écrit : « Il dort bien, il mange bien, il repose sous ses couvertures de gris ; il s'occupe de ses oiseaux, mais sans s’échauffer ?. » Maître Adam Fumée, le médecin du roi, le visite. Quand l'enfant est bien portant, on le conduit lancer des petits oiseaux à ses faucons; et, s'ils sont à la mue, Charles les regarde manger. Ainsi Bourré demeure toujours près de l'enfant, veille sur sa santé. Louis veut qu'il se fortifie, et surtout qu'il ne subisse pas de mauvaises influences, ce qui lui est arrivé à lui, qui a été un si mauvais fils. []l l'avait laissé entendre à Commynes, évoquant ses seize ans d'enfant révolté, sous les seigneurs du royaume, pendant la Praguerie*. Louis ne laisse pas voir son fils sans une permission spéciale. Et les habitants de Saint-Florentin
1. A, Gandilhon a donné un certain nombre de détails intéressants sur le château d'Amboise où Louis XI s'établit en 1462. Le vieux château est transformé. En 1465, il est parlé de « l'ostel neuf » qui doit être « la grant maison piéça faicte ». Il est question d'une grosse tour dans laquelle on disposerait un escalier à vis. En 1472, Pierre André exécutait des images de saint Martin, de saint Marc et de saint François à la chapelle Saint-Blaise (A. Gandilhon, op. cit.,t. XXI, p. 9-10. Cf. Bibl. nat., ms. fr. 20489, fol. 20). Bourré a en garde un prisonnier du roi, Lancelot de Berlemont, capitaine bourguignon, qui sera délivré en 1482 (Bibl, nat., ms. fr. 20489, fol. 30).