Commynes, II, p
4. Lettres, X, p. 42-44-45; Lenglet du Fresnoy, Preuves, IV, p. 95-131; Dom Gerard Robert, p. 65.
5. Commrynes, IL, p. 6r.—- Mais Louis est toujoursle roi. Le 21 avril 1483, Mme de Beaujeu passe à Paris et son maître d'hôtel demande à son joyeux avènement la délivrance des prisonniers de la Conciergerie. La Cour refuse. Elle n’est qu'une princesse et n’a pas une lettre expresse du roi (Bibl. nat., ms. Du Puy 280).
6. Lettres, X, p.54. — Voir l'instruction donnée au sujet de la Bourgogne (Bibl. nat., ms. fr. 6989, fol. 117).
s 7. Chr. scand., 11, p. 132. —Le 5 juin 1483, les prisonniers de la Conciergerie à
Paris sont délivrés à l'occasion de l'entrée de la dauphine (Bibl. nat., ms. Du Puy 50. Sur la procession, ms. fr. 6989, fol, 16). — M. de Beaujeu, lieutenant du roi, est allé à Ilesdin, chercher l'enfant. A son passage à Amiens, on lui présente du vin; à Mme de Beaujeu, deux drageoirs d'argent, à Mme la dauphine, une nef d’argent (Arch. com. d'Amiens, BB. 14, fol. 90 0). |
Louis invite au mariage qui se fera solennellement dans une quinzaine, à Amboise, « ainsi qu'il eust esté en nostre dicte ville de Paris * ». Ce sera la paix finale*.
Le roi la fait publier par tout le royaume”, sous les formes les plus solennelles. Il ratifie ce traité de paix et de mariage comme roi très chrétien, mùû de pitié et de compassion « du pouvre peuple “ ». À la fête d’'Amboise, le roi a invité les gens de ses bonnes villes. Ils sont logés de l’autre côté du pont, regardent cette fête de la paix. Ils voient Monseigneur le dauphin, qui a treize ans, chevaucher sa haquenée pour se rendre à la métairie de la reine où ilattend, au milieu de ses archers, l’arrivée de son épouse. Il porte une robe de satin cramoisi doublée de noir. M. de Dunois, M. de la Trémoille, M. le grand sénéchal de Normandie, le bailli de Meaux l’entourent. Le dauphin fait la révérence aux dames, retourne à un logis auprès du pont où il descend, change de costume et vêt la longue robe de drap d’or. Ainsi il paraît un homme. Il entre dans la place réservée où les gens des villes se tiennent derrière les barrières. Le roi a bien recommandé aux archers d'empêcher que les gens des villes soient « oppressés ». Le grand sénéchal y veille.
Mme la dauphine arrive dans l’enclos. On la descend de litière. Marguerite d'Autriche a trois ans moins dix jours.
1. Lettres, X, p. 116. —Le maire de Tours s'y rendra dans sa robe de cérémonie (Arch. com. de Tours, CC. 46). Le tambourin de la ville joue tout l’après-diner, le jour que fut crié le mariage du dauphin (/bid., fol. 83 v°), Un grand repas sera donné chez le maire aux gens qui logeront chez lui avant de se rendre aux noces (/bid., fol. Sg). Doyat a fait inviler les consuls de Clermont.
2. Voir le remboursement des frais à Philippe de Crèvecœur, seigneur d'Esquerdes, lieutenant-général de Picardie, pour « festoyer les ambassadeurs de Flandres, nagueres venus en la ville de Franchise pour traiter et accorder la paix finale entre ledit seigneur el eux, et aussi du mariage de Monseigneur le dauphin avec Mlle Marguerite, fille du duc d'Autriche » (Bibl. nat., ms. fr. 32617, fol. 396). |
3. Bibl. nat , ms. fr. 32511, fol. 398. — Une fête a lieu à Compiègne pour la paix entre le roi et le duc d'Autriche, à l'occasion du mariage du dauphin (Arch. com. CC. 28). |
h. Lenglet du Fresnoy, IV, p. 124-125. — Ce traité a été immédiatement répandu par l'impression (voir Picot et Stein, Recueil de pièces historiques, p. 269.)
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Le protonotaire les fiance. Chacun l’entend demander à haute voix à Monseigneur le dauphin s’il veut avoir Marguerite d'Autriche en mariage. Il répond oui. La même demande est adressée à Mme la dauphine qui fait même réponse. Alors le protonotaire leur joint les mains. Et Monseigneur le dauphin baise par deux fois Mme la dauphine. On les ramène au château. Les gens d'Amiens remarquent que les rues d'Amboise sont tendues de cordes où sont exposés des draps, comme on fait chez eux à la procession du Saint Sacrement. Au carrefour, il y a une tente qui abrite certains personnages : parmi eux est une sirène qui jette par ses mamelles vin blanc et vermeil. |
Les gens des villes sont invités aux épousailles au château d'Amboise. Ils regardent passer M. le dauphin qui se rend à l’église, tenant M. de Beaujeu par la main. Il porte une longue robe de damas blanc. Suivent, deux par deux, clairons, trompettes et seigneurs. On attend à la porte de l’église, dans la cour basse du château. Mme de Segré porte Mme la dauphine. Les époux font le serment de mariage : « C’est assavoir de non changier pour pire ne meilleur »,au rapport d'Antoine Clabault, maire d'Amiens. Le dauphin passe l’anneau au doigt de Marguerite. On chante la messe. Alors les gens des villes vont remercier le dauphin de l'honneur qui leur a été fait. Et l’enfant leur dit ces mots : « Je vous remercie de la peine que vous avez prise pour moy. Si vous
avez à faire de moy, je suis en vostre commandement.»
Le roi n’a pas paru. Mais c’est bien lui qui a imaginé la fête de la paix et des villes. Le chancelier vient de le déclarer aux délégués, en présence du sire de Beaujeu, de Dunois et
1. Lettre des députés de la ville d'Amiens, 22 juin 1482 (Commynes, éd. de Mile Dupont, Preuves, III, p. 345-349). — Sur le voyage de Clabault, voir Arch. com. d'Amiens, BB. 14, fol. 98. Le dauphin jure la paix d'Arras (Bibl. nat., ms. fr. 6989, fol, 166). Pierre de Beaujeu mène alors les affaires, mais sous le contrôle du seigneur du Bouchage ({bid.).
d’Albret. Le roi a mandé les gens des villes « pour mettre ordre et abréviation en la justice de son roialme, et aussy pour mettre bon etample cours en la marchandise, et pour mettre, s’il est possible, une loy, ung poix et une monnoie en son roialme ». Qu'ils veuillent bien se retrouver tous devers lui en la ville de Tours pour connaître la meilleure manière de faire aboutir ces réformes.
Ce sont là de bonnes nouvelles pour les marchands qui forment les municipalités de France. La chère est bonne à Amboise. Vin et poissons sont offerts libéralement.
Les délégués des villes étaient venus invités à un mariage: les voici au conseil, le vendredi 26 juin, à Tours. Et le chancelier leur dit que le plaisir du roi était que chacun voulant user de marchandise le puisse faire dans le royaume sans déroger à la noblesse ni à d’autres privilèges, comme il était en usage en Italie et en Angleterre. Que tous les péages intérieurs du royaume soient abolis, sauf aux frontières: que nul n'’ait'juridiction sur les marchands, sinon les juges locaux ordinaires. Alors les gens des villes demandent au chancelier de bien remercier le roi. Mais le mardi suivant, le roi les mande au Plessis. Il tient à les remercier lui-même de la bonne obéissance qu'ils lui avaient faite, disant qu'il mettrait volontiers « ordre en son roialme, qu’il voldroit bien que la marchandise y eust cours, et qu'il fust entretenu en paix : mais son dict roialme estoit sy grant que à grant paine se povoit il faire ». Louis demande que chaque ville lui adresse un homme dans six semaines pour connaître ses décisions. « Et aussy dist qu'il sçavoit bien que ceulx des dictes villes amoient mieulx le veoir viel homme que mort! » Sur ce triste sourire du roi, chacun prend congé".
Ainsi Louis s'est montré en public pour la dernière fois. Êt Doyat le regarde dans sa robe de velours cramoisi fourrée