Ord., XVI, p. 307 (16 mars
2. Le traité d'alliance, entre Calabre, Charolais, le duc de Bretagne, avait été signé à Nancy, le 10 décembre 1464 (Commynes, éd. Lenglet du Fresnoy, II, Preuves, p. 422). Le roi René reçut communication de cet acte et dut faire des remontrances à son fils (/bid., p. 423).
3. J'ai utilisé surtout La Borderie et B. Pocquet, Hisioire de Bretagne, IV, p. 433 etes. ; H. Stein, Charles de France, p. 45 et ss. ; Paul Raymond, Correspondance de Louis XI avec François Il; Amb. Mil., IIlI; les documents publiés par Lenglet du Fresnoy et Jules Quicherat, op. cit.
C'est le début de la guerre désignée par le nom du « Bien public » puisque, dans cette autre Praguerie, ceux qui la mènent se proposaient de réformer le gouvernement. Le vieux duc Philippe se réconcilie avec son fils. Il laissera les choses aller; il est si fatigué, tombé en enfance, aux mains de son fils'. Mais Charolais, enfin, va devenir chef de guerre. Autour de lui se groupent à la fois les ennemis de la France et ceux de la maison de Croy°. Le comte de Saint- Pol sera son lieutenant, le grand chef de l’armée. Il a sous lui les chevaliers d'Artois, de Hainaut et de Flandre, et aussi les grosses bandes de M. de Ravenstein, père du duc de Clèves, le Bâtard de Bourgogne, et beaucoup d’autres, jeunes ou vieux. Quatorze cents hommes d'armes, huit ou neuf mille archers sont passés en revue*.
Le roi Louis compte ses forces. Le ban et l’arrière-ban sont
publiési. Le roi a derrière lui les gens des comtés d’Arma-
gnac et de Foix, ceux du Dauphiné et de Savoie, les bonnes villes de Paris, de Rouen et de Lyon, les pays de France, de Normandie, Champagneet Languedoc. Le roi René demeure avec lui et l’a averti de ce qui se tramait. Louis réchauffe le zèle des gens de Saint-Quentin. Il fait fortifier les villes de Picardie. Il publie que Saint-Quentin, Corbie, Amiens veulent vivre et mourir en son service. Il a confiance dans Hector de Flavy6. L’avant-garde des forces royales s’est portée