‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 49 sur 289 · Amb. Mil,, II, p · texte numérisé non relu

Amb. Mil,, II, p

3. On transporta les bombardes de Compiègne pour réduire les fuyards à Pont- Sainte-Maxence (Arch. com. de Compiègne CC. 23).

le matin. Et les Bourguignons se sont groupés autour du comte de Saint-Pol, quand il sort du bois « où il avait pris refuge ».

Qui est vainqueur? Il y a eu des fuyards dans les deux camps. « Jamais plus grand fuyte ne fut des deux costez, et par especial demourèrent les deux princes ou champ. » Ainsi le note le jeune Philippe de Commynes!, qui fait rafraîchir son vieux cheval et lui donne à boire un seau de vin. Les deux batailles rangées s’envoient quelques coups de canon. Mais nul ne désire plus combattre. Les Bourguignons paraissent les plus nombreux. La présence de Louis, ses paroles, ont réconforté ses gens. Il a chargé à la tête de sa bataille, ralliant par trois fois les siens, combattant de sa personne comme un preux, tel un autre César, transformant en déroute l'attaque des Bourguignons*. La lutte a été dure, « toute pareille à un combat de chiens enragés° ». Elle avait duré huit heures. Le roi est entré se rafraîchir au château de Montlhéry. Maintenant le soir tombe. Les feux s'allument sur les hauteurs de Montihéry. Mais Louis pense à rejoindre Corbeil, puis Paris dont les sentiments sont douteux.

Les Bourguignons dorment derrière leurs convois. Charolais gît sur sa botte de paille. Il boit, il mange. Onattaquera de nouveau à l'aube. Car les Bourguignons croyaient leurs adversaires à trois jets d'arc. On voyait briller leurs feux à minuit. Mais les Français avaient disparu. Au jour, un charretier qui revient du village de Montlhéry apporte la nouvelle : les Français sont partis dès la veille au soir, Louis a pris la

1. « Le roy, ce jour, feist grans proesces, tant en raliant ses cappilaines et gens d'armes par trois reprises comme en combatant de sa personne, en quoy il eust très grand honneur » (Journal de Jean Maupoint, p. 58). « Si n'eust esté luy, tout s'en fust fuy » (Commynes, I, p. 38). — Louis fait savoir à la ville de Tours qu'elle ait à laisser passer les gens « desmontez et desharnachez » (Arch. com. de Toucs, BB. r2, fol. 350),

2. Ses lances ct ses penons avaient été brisés (Arch. nat., KK. 65, fol. 163v0).

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