‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 50 sur 289 · Amb., Mil., II, p · texte numérisé non relu

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route de Corbeil. Et Charles, qui trouve le champ libre, au matin, se grise joyeusement, dangereusement, de gloire militaire !. Charles de France, duc de Berry, le frère du roi, le duc de Bretagne et sa « très belle armée, puissante, pleine de noblesse® », Dunois, Dammartin, la plupart des mécontents, arrivent après la bataille *.

De Corbeil, le roi fait aux habitants de Lyon le récit de la journée‘ : « Chiers et bien amez, hier, deux heures, apprès disner, estans les contes de Charrolais et de Saint-Pol, Atof de Clèves, le bastard de Bourgongne et tous leurs gens en bataille, emprès Montlhéry, fortiffiez de leurs charroiz, fossez, ribaudequins et autre grosse artillerie, feusmes conseillez de les assaillir et combattre, et ainsi fut fait. Et graces à Dieu eusmes du meilleur, et fut la victoire pour nous; et par deux ou trois foiz s’enfouirent le dit conte de Charolois, et la plus part de ses gens 5... » Louis excelle à arranger les nouvelles. Les rebelles ont dix morts contre un des nôtres : r 400 à 1500 morts chez eux, 200 à 300 prisonniers‘. Il annonçait, ce qui n'était pas, que le Bâtard de Bourgogne avait été tué : « Et demourasmes ou champ jusqu’à soleil couchant. » Rendez grâces à Notre-Seigneur !

1. Commynes]I, p. 43. — Charolais fait publier à son de trompe qu'il attend la puissance qui l’atiaquera (Commynes, éd. Lenglet du Fresnoy, Il, p. 487). En Bretagne, on publia que le roi était mort (Guillaume Oudin, p. 5). A Dijon, 6 écus sont offerts au procureur de l'Auxerrois qui a rapporté la nouvelle de la victoire remportée à Montlhéry par le comte de Charolais sur le roi de France (Arch. com. de Dijon B. 162). Dans la relation contemporaine adressée à Philippe le Bon (Lenglet du Fresnoy, Preuves, II, p. 484), il est dit de Charolais : « J1 a gagné la plus belle journée qui ait esté veuc en France depuis longtemps... » Gette nouvelle ne devait pas être acceptée par tous, car on fit défense à toute personne de chanter la chanson nouvelle, touchant la journée de Montlhéry, sous peine de punition « tellement que ce sera exemple aux autres » (Ibid.). Cf. Bibl. nat., ms. fr. 1278, fol. 210.

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