H. Stein, Charles de France, p
jours la canonnade sans grand résultat, comme il arrive; et la « crainte fut plus grande que la perte * ».
Les confédérés se montrent nerveux. Ils ont arrêté de construire un pont de bateaux et de passer la Seine pour attaquer les gens du roi. Mais on entend dans la nuit les gens de Louis qui crient : « Adieu, voisins, adieu ! » Ils incendient leurs logis et retirent leur artillerie.
Tout cela, c'était feinte du roi Louis qui a toujours dans sa tête de négocier et de pas livrer le combat. On ne hasarde pas un grand et obéissant royaume, comme est la France, dans une bataille incertaine ?. Le roi reprend concidiabules et conversations. Des gens passent d’un camp à l’autre, d’un fossé à l’autre. On cherche à se tromper, à se renseigner. Et là, Louis est maître*. Il demeure sur ses gardes. Car il n’est pas sûr. Il a trouvé, un soir, la porte de la Bastille ouverte, vers les champs. Et du côté des confédérés on s'énerve aussi: dans la nuit, on prend pour une armée un champ de chardons. Sur les murs de Paris, on fait le guet et les bombardes toussent.Mais les négociations continuent. Les demandes des seigneurs sont exorbitantes : la Normandie pour le duc de Berry, les villes de la Somme pour Charolais!
Alors on voit le roi passer l’eau : il se rendait à l’ost des Bourguignons. « Mon frère, m'as$urez-vous ? », dit Louis à Charolais. Et le comte lui répond : « Oui, Monseigneur‘. » Louis aborde : « Mon frère, je congnois que estez gentilhomme et de la maison de France. » Le roi lui rappelle leur amitié, des services rendus. Il a bon visage et sourit. Mais Charolais demande toujours le duché de Normandie et les villes de la Somme ; le roi offre à Saint-Pol l'office de connétable, c’est tout. Leur adieu semble gracieux. Louis remonte sur son bateau et regagne Parisÿ. Mais si son frère lui remettait le