‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 72 sur 289 · Le 9 octobre · texte numérisé non relu

Le 9 octobre

2. Dans la même journée du g octobre. — Voir le document publié par Lenglet du Fresnoy, II, p. 21, et la lettre aux magistrats d’Ypres (Mile Dupont, Commynes, HI, p. 226, 228, 232).

3. Jean Maupoint, p. 108, indique que le roi était mécontent de voir autour du duc de Bourgogne ceux qui l’avaient « laissé » comme le sire du Lau, Poncet de Rivière.

&. Voir les récits d'Adrien d’Oudenbosch, et l'exposé de II. Pirenne, Hist, de Belgique, 11, p. 285.

11 dit que le roi est venu vers lui pour le décevoir. Il fait fermer les portes de la ville et du château, sous le prétexte qu'il avait perdu une boîte contenant des bagues et des bijoux. Et le roi Louis est enfermé dans le petit château, la sombre place dont les archers gardent les portes. Il n’est pas sans crainte. Il sait son histoire de France et il se voit déjà « logé rasibus d'une grosse tour où ung conte de Vermendoys fit mourir ung sien prédécesseur roy de France ! ».

Philippe de Commynes était alors un jeune écuyer qui avait suivi Charolais dans ses guerres; et maintenant il servait son duc en qualité de chambellan. Philippe se montrait sage et avisé, et il entrait partout dans la maison. Charles le fait venir dans sa chambre avec quelques autres, et il ferme la porte. 11 dit que le roi est venu pour le trahir, que ce n'est pas par ses ordres que les troupes bourguignonnes sont venues à Péronne. Il rapporte les nouvelles qu'il a de Liége où l’on massacre ses gens. C’est bien par la faute du roi et à l’instigation de ses ambassadeurs! Charles paraissait furieux et il se répandait en menaces contre Louis. Et si quelqu'un lui avait alors donné un mauvais conseil, il cst certain qu'il l’eût suivi et que, pour le moins, il aurait fait enfermer Louis dans la grosse tour.

Il y avait avec Commynes le garde des joyaux, Charles de Visen, un Dijonnais honnète et calme. Commynes et le garde des joyaux cherchent à apaiser le duc, autant qu'ils le peuvent. Mais les paroles de Charles circulaient déjà; le roi les connut dans sa chambre et il eut grand’peur ?. Pendant plusieurs jours, Louis demeura au secret. Le duc de Bourgogne ne le vit point, et les gens du roi n’entraient au chiteau qu'en petit nombre, par le guichet de la porte. Le premier jour, ce fut une terreur générale; le second, Charles

1. Commynes, I, p. 137. Témoin l’annotation qu'il a faite à Ja chronique abrégée de Pierre Choisnet.

Page 1