DE RICHELIEU
deux entretiens en tête à tête, lesquels se prolongèrent chacun durant trois heures, Louis XIII fit ses adieux à Richelieu et dit tout haut : « Je me porte bien maintenant que j'ai vu monsieur le cardinal en bonne santé \ »
A Rueil, où Richelieu se rendit dès son retour à Paris, il reçut la visite d'Anne d'Autriche', qui se montra pleine d'égards envers le grand ministre dont elle commençait à apprécier les éminents services et à oublier l'ancienne hostilité. Gaston d'Orléans, qui avait bu toute honte en livrant ses complices à l'échafaud, achevait de se déshonorer en adressant à Richelieu les lettres les plus humbles et les plus respectueuses. Le cardinal, insensible à cette nouvelle attitude dont il savait le peu de sincérité, et ayant d'ailleurs l'âme trop élevée pour ne pas accueillir avec mépris un tel abaissement, demanda à LouisXIII de dresser et de faire enregistrer au parlement une déclaration par laquelle le duc d'Orléans était, dans tous les cas, exclu de la régence pendant la minorité des enfants du roi. Louis XIII consentit à cet acte par devoir et Gaston le subit par lâcheté. Du côté donc de la famille royale, Richelieu n'apercevait aucun obstacle.
Sur les frontières, les armes françaises étaient partout victorieuses. La prise de Perpignan et de Salées, la conquête du Roussillon tout entier, au nord les Espagnols réduits à l'impuissance, dans la Fran-
* Idem.
• Gasette de France du 1" novembre 1642.