PREMIÈRE ATTEINTE DU MAL
che-Comté la prise de Ray-sur-Saône, du côté du Rhin Jean de Wert battu par le maréchal de Guébriant, en Italie, Verrue, puis Tortone enlevées aux Espagnols, furent autant d'exploits qui remplirent les mois de septembre, d'octobre et de novembre, et qui jetèrent un éclatant rayon de gloire sm* la fin du rëgne : « Il faut que l'Italie sente, aussi bien que tous les autres Estats de la maison d'Autriche, que le chapelet d'Espagne est défilé, » écrivait avec une légitime fierté Richelieu le 4 novembre 1642*. C'est là l'un des derniers témoignages écrits de sa pensée. Le cardinal, qui s'était installé àRueille 26 octobre, avait quitté, le 4 novembre, cette résidence qui lui était si chère et qu'il ne devait plus revoir. « Le quatrième dudit mois, dit la Gazette de France du 8 novembre 1642, le cardinal-duc retourna de Ruel en cette viUe (Paris), laquelle, avec toute la France, a converti en une extrême joie les vœux continuels qu'elle avait faits pour sa santé, la voyant aujourd'hui en un point qui console autant tout ce royaume et ses alliés comme il rend confuse l'importance des gazettes d'Anvers et du parti qui les suggère. »
Le dépérissement de la santé de Richelieu semblait en effet s'être ralenti, quand, dans la nuit du 28 au 29 novembre, le samedi matin, il fut saisi de frissons accompagnés de fièvre,' et il ressentit une vive douleur au côté*. Cette douleur ayant persisté,
* Gazette de France du 5 novembre 1642. Relation de la prise de la ville eî dm ehdleau de Verrue.
* Journal de ce qui »'e»t fait et passé à la maladie ei à la mort de feu monnigneur l'Eminenttssime eardinal^due de Richelieu, et les dernières paroles qu'il