‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 111 sur 137 · LE ROI CONTINUE · texte numérisé non relu

LE ROI CONTINUE

lisons-nous dans une autre lettre d'Henri Amatild et un peu plus tard : « Le roy passe le tiers de sa journée dans son conseil^ »

Ce témoignage irrécusable de la volonté bien fenne qu'avait Louis XIII de persister dans les vues de Richelieu et d'agir lui-même et lui seul, ce témoignage qui achève de prouver que le fils d'Henri IV a été le collaborateur dévoué de Richelieu, puisqu'il l'est resté après la mort du ministre, est absolument corroboré parles faits. Les contemporains ont pu exhaler leurs ressentiments dans lem*s mémoires et égarer l'histoire par leurs appréciations, mais ils ont été impuis» sauts à supprimer les faits. Or les faits suffisent à casser d'une façon définitive ce premier jugement rendu à la légère et selon lequel le père de Louis XIY serait une espèce de roi fainéant tremblant sous un joug qu'il abhorre, trop mou pour le briser, trop nul pour en apprécier les avantages, et, le jour où la mort rompt le lien qui l'attache à Richelieu, incapable de gouverner par lui-même et ne sachant plus que se traîner en hâte vers la tombe au fond de laquelle l'attire, en le fascinant encore, son irrésistible et persistant dominateur.

Non-seulement, en effet, les dernières volontés de Richelieu sont exécutées en ce qui concerne ses proches; non-seulement le roi, recevant la visite des maréchaux de la Meilleraye et de Brézé qui viennent se jeter à ses pieds et lui demander sa protection, les relève, et, les embrassant tendrement, leur pro-

< Idem, Lettres des U, 21 décembre 1642 et 11 janvier 1643.

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