LA POLITIQUE DE RICHELIEU
met la continuation de ses bienfaits et distribue toutes les dignités du cardinal aux membres de sa famille*, mais rien n'est changé dans la politique générale pas plus quant aux choses que quant aux personnes '.
* Mémoires de Montglat, p. 134. — Mémoires dé la Châtre » p. 273. — Mémoires de Pontis^ p. 631.
* Dès le 5 décembre, le lendemain dé la mort de Richelieu, Louis XIII adressait la lettre suivante « aux parlements, aux gouverneurs des provinces et aux ambassadeurs » : — « Nos amez et féaux, Dieu ayant voulu retirer à lui nostre très-cher et très-amé cousin le cardinal duc de Richelieu, lorsqu'après une longue maladie nous avions plutost lieu d*espérer sa guérison, cette lettre est pour vous en donner avis, avec un très-sensible regret d'une
Sorte si considérable et pour vous dire qu'ayant depuis tant d'années receu es eflfects si advantageux des conseils et des services de nostre dit cousin, nous sommes résolus de conserver et entretenir tous les établissements que nous avons ordonnés durant' son ministère et de suivre tous les projets que nous avons arrestés avec lu'y pour les affaires du dehors et du dedans de nostre royaume, en sorte qu il n'y aura aucun changement et que, continuant dans nos conseils les mêmes personnes qui nous y servent si dignement, nous avons voulu y appeler nostre très -cher cousin le cardinal Mazarin, de qui nous avons esprouvé la capacité et l'affection à notre service dans les divers employs que nous luy avons donnez, et qui nous a rendu des services si fidèles et si considérables, que nous n'en sommes pas moins asseurés aue s'il estoit né nostre subject. A ces causes, nous vous mandons et ordonnons que dans la rencontre des affaires qui se pourront offrir TOUS ayez à vous conformer entièrement à ce qui est en cela de nos intentions et empêcher que, sur cet accident, il n'arrive aucune altération aux choses qui regardent nostre service et la tranquillité publique, mais qu'eUes soient toutes maintenues au bon estât où elles se trouvent, selon que nous l'attendons de vostre fidélité et affection. Si n'y faites faute : car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le 5 décembre 1642. Signé : Louis, et plus bas : de Loménie. * (Collection des documents inédits sur l'histoire de France. Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère, publiées par M. Chéruel, 1. 1, p. 20.)
A cette lettre, d'un caractère général, il convient d'ajouter la lettre inédite suivante, écrite par le roi au marquis de Fontenay-Mareuil, le 6 décem^ bre 1642 : « Monsieur le marquis de Pontenay, chacun sachant les grands et signalés services que mon cousin le cardinal duc de Richelieu m a rendus et de combien d'advantageux succès il a. pieu à Dieu de bénir les conseils qu'il m'a donnés, personne ne peut douDter que je ne ressente tout autant que je dois la perte d'un si bon et si fidèle ministre, aussi veux-je que tout le monde cognoisse quel est mon desplaisir et combien sa mémoire m'est chère par les tesmoi^nages que j'en veux rendre en toutes occasions. Mais la cognoissance que jay que les sentiments que je dois aussy pour le gouvernement de mon estât et le bien de mes affaires doivent marcher devaut tous les aultres moblige a en prendre plus de seing que jamais et à m'y appliquer de telle sorte que je puisse maintenir les grands advantages que j'ay à présent jusaues à ce qu'il ay t pieu k Dieu me donner la paix qui a esté tousjours le seul et unique but de toutes mes entreprises et pour l'accomplissement de laquelle je n'esparjg^eroy pas mesme ma propre vie. Pour cet effectjay pris résolution de continuer les mesmes personnes dans mes conseils qui my ont servi pendant l'administration de mon cousin le cardinal