CONDUITE D£ X.0U1S XIII
Dès que mademoiselle de Montpensier apprend la mort du cardinal, elle court implorer le roi en faveur de Gaston, son père. Louis XIII demeure inflexible et oppose un opiniâtre refus ^ Lorsque, le surlendemain, il va se rendre au parlement, afin de faire enregistrer la déclaration qui prive son frère de ses droits et accorde h ses fautes un pardon flétrissant ', on lui fait connaître que mademoiselle de Montpensier a formé le projet d'aller l'attendre à la porte afin de se jeter aux pieds du souverain et d'essayer de vaincre son obstination. Le roi, averti, lui fait défendre d'exécuter ce projet, et la déclaration est enregistrée '. Madame de Vendôme, ayant tenté une démarche analogue et étant venue à Saint-Ger-
de Richelieu, et d'y appeler mon cousin le cardinal Masarin ^ui ma donné tant de preuves de son affection, de sa fidélité et de sa capacité dans les diverses occasions où je l'ay employé dans lesquelles il m'a rendu des services très-considérables que je n en suis pas moins asseuré que s'il estoit né mon snbject. Ma principale pensée sera tousjours de maintenir la bonne correspondance qui a esté entre moi et mes alliés, d'user de la mesme rigueur et fermeté dans mes affaires que j'y ay gardée autant que la justice et ut raison me le pourront permettre, et de continuer la guerre avec la même application et les mêmes efforts que j'ay faict depuis que mes ennemis m'ont contraint' de m'y porter, jusques ù ce que Dieu leur ayant touché le cœur, je
Suisse contribuer avec tous mes allies à Testablissement du repos généni e la chrétienté, mais en sorte qu'il soit fait si solidement que rien ne les puisse plus trancher à l'avenir. Vous donneres part de tout ce qui est dessus k Nostre Très-Saint Père le Pape et k tous tes aultres que vous estimores à propos par delà, aflin que 1 on puisse juger que les affaires de ce royaume suivront le même traint qu'elles ont pris il y a longtemps et oull ne manquera rien à. la conduite ^jue l'on continue d'y tenir pour donner ueu d'espérer qu'elles succéderont toigours heureusement. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ayt, monsieur le marquis de Fontenay, en sa saincte garde, escript à Paris le 6 décembre 1642. Signé : Louis, et plus bas t BoutkilUer. •
iBu>Uothiquê natiOHale, manuicritt, fondé Dujntff, t. 590, f. 312.) Il est saperlu d'insister sur l'importance de ce dernier document, qui prouve d'une fa^n péreroptoire le rerme dessein où l'on était de suivre la^polltiquo do Richelieu.
I Mémoire» de M^ de Montpenaier, p. 16.
* Oéelaration du roi Louiê XIIL par laquelle, en ea» qu'il vienne d d é c é der , »ei enfante ettant en minorité, il aeelare Monsieur le due d'Orléane, son /Wrr. incapable de l'adminieiration du royaume mf d'en estre régeni, (Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds Dupuy, t. 672, fol. 170.)
* Lettre d'Henri Arnauld du 7 décembre 1649,