INTRIGUES DE COUR
à l'autre I N'avait-il pas vu sans cesse en Gaston un rival et le futur ennemi du Dauphin et du duc d'Anjou? D'autre part, la grande œuvre de la paix approchant de son terme, était-il prudent de livrer le sort des négociationa dernières à une femme qu'il supposait n'avoir jamais oublié son pays d'origine? Les incertitudes de Louis XIII se prolongèrent longtemps. Ce fut là la dernière goutte de son calice d'amertume, et sa suprême, peut-être sa plus poignante douleur. Treize années auparavant, k Lyon, se croyant sur son lit de mort, une préoccupation analogue l'avait envahi, mais sans le torturer. Alors, en effet, n'ayant pas d'enfant, nue solution naturelle et rassurante s'offrait à tui. Gaston le remplaçait sur le trftne, et Louis XIII n'avait eu d'dutre souci que de lui reconunander de conserver Richelieu comme premier ministre. Mais Richelieu n'était plus, et la couronne allait passer sur la tête d'un enfant de cinq ans, à qui Gaston peut-être la disputerait.
Déjà les ambitions s'agitaient, les intrigues se nouaient dans le château, de Saint-Germain et juaqu'autour du Ut du malade. A mesure que l'état du roi empirait, les courtisans affluaient plus nombreux, soit chez la reine, soit chez Gaston, selon leurs prévisions et leurs espérances. L'infâme comédie commençait avec des alternatives d'empressement hypocrite auprès du roi quand le mal semblait diminuer, et d'abandon quand il empirait. La Gazette de Prance,i\ longtemps silencieuse au sujet de la reine, se metlait à célébrer « la vie exemplaire, les mérites émi-