‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 120 sur 137 · INQUIÉTUDES DU ROI · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDES DU ROI

nents de Tincomparable princesse » . On rentourait; on s'efforçait de pénétrer ses pensées, on la flattait, puis, sur la nouvelle d'une amélioration dans la santé du roi, on la fuyait pour revenir à elle bientôt après. Jamais le cynisme des courtisans ne s'est étalé avec autant d'impudence. Un jour le déchaînement de ces appétits pressés de se satisfaire et l'audace de ces cabales allèrent jusqu'au scandale. Il s'agissait de savoir qui aurait le gouvernement de Bretagne, ou du duc de Vendôme, qui l'avait possédé autrefois, ou du maréchal de la Meilleraye, auquel Louis XIII l'avait donné après la mort de Richelieu. Le roi étant au plus mal, les Vendôme prétendirent rentrer en possession de ce gouvernement, de gré ou de force. Les courtisans se divisèrent en deux partis. La Meilleraye vint à Saint-Germain avec ses amis armés. Les Vendôme en firent autant, et on faillit en venir aux mains dans la demeure royale.

L'infortuné Louis XIII n'ignorait rien de ces ardentes compétitions, et il ne se faisait aucune illusion sur les sentiments réels de ceux qui l'approchaient. « Ces gens-là, dit-il un jour avec une profonde amertume, viennent voir si je mourrai bientôt*. » Tant d'ambitions déchaînées, tant d'intrigues si peu dissimulées et si menaçantes, on achevant de lui rendre la mort souhaitable, lui montraient la nécessité urgente d'établir promptement une régence. Il reçut à cet égard bien des conseils, mais, comme il conserva jusqu'à la fin ses craintes et ses soupçons, ceux-là

1 Mémoires de madame de MoUeville^ p. 44.

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