ADIEUX DU ROI A SA FAMILLC
jour OÙ se réalisa ce songe de victoire, fut le suprême élan d'énergie, le dernier éclair de vie. Dès ce moment, l'accablement fut de plus en plus profond et on désespéra tout à fait. Les évèques de Meaux et de Lizieux, les Pères de Ventadour et Dinet, et celui qui devait devenir à jamais célèbre sous le nom vénéré de saint Vincent de Paul, ne le quittèrent plus, entourant son lit, récitant des prières, exhortant le malade qui, d'un léger mouvement de tète, leur montrait qu'il les entendait. La reine demeura également à son chevet, sans que rien pût l'en éloigner, même les odeurs suffocantes qui se dégageaient du lit*.
Le jeudi 14 mai, son regard égaré épouvanta les médecins , et , lorsque le roî leur demanda s'ils croyaient qu'il pût vivre jusqu'au lendemain, ils répondirent qu'ils ne le pensaient pas. « J'aurais pourtant voulu, dit Louis XIII', aller jusqu'à demain. Le vendredi m'a toujours été heureux. Ce jour-là j'ai toujours réussi dans les batailles que j'ai entreprises. Mais que la volonté de Dieu soit faite ! » Puis, après un moment de réflexion, « il est temps de faire mes adieux, » dit-il. Il embrasse tendrement la reine.
Flamands perdroient la bataille ; pais se toumant à moi, il me dit toa^ bas : — Prenez garde au rov; car il baisse fort, et, si je ne me trompe, son cervean
<][Ull avoit des songes de peu de durée, et q^ue les paroles qu'il venoit d'ouTr etoient peut-être de cette nature ; aussi après la victoire signalée que ^agna son fils, M. le duc d'En^hien, à Rocroy. u vint m* aborder plein de joie et me demander mon sentiment de roracle, ou comme il parloit lui-même, de la prophétie du feu roy. » {L'idée dune belle mort, etc., pp. 47 et 48.)
* Mémoire fidèle dee chosee qui se sont passées, etc.
* Idem.