TENDRESSE DU DAUPHIN
lotte des Essars, on en avertit le Dauphin en lui disant qu'il avait une sœur de plus : « Non, s'écria-t-il, — Pourquoi ? — Elle n'a pas été dans le ventre à maman ' 1 » Plus tard, écrivant à mademoiselle de Vendôme, une autre de ses sœurs naturelles, il aperçoit, en copiant la minute que lui avait faite son gouverneur, ces mots : « Ma sœur. — Ma sœur ! dit-il. Elle n'est pas ma sœur; il faut écrire: ma sœur dejVendôme '. »
Si rinsistance que mit Henri lY , sans y réussir, à combattre cette antipathie profonde, amena parfois entre lui et son fils des scènes violentes, on aurait tort de croire que le Dauphin n'aim&t pas son père. Il avait pour lui Taffection la plus dévouée et le préférait de beaucoup à Marie de Médicis, qui, d'ailleurs ne témoigna jamais une bien vive tendresse à son fils dné. Cette différence se remarque de très-bonne heure. N'en trouve-t-on pas le signe dans cette réponse faite & Héroard, qui lui demande d'où lui vient le petit canon avec lequel il joue. « Papa me l'a acheté et maman me l'a donné, » dit-il '. Un jour que le Dau^ phin considérait un portrait d'Henri lY, sur lequel étaient énumérés ses noms et qualités, « Monsieur, lui dit quelqu'un, quand vous serez un jour le roi^ comment mettroz-vous ? — Ne parlons point de cela, répond-il. — Mais, monsieur, vous le serez un jour, s'il plait à Dieui — Ne parlons point de cela, répète-t-il. — Monsieur, c'est que vous voulez
I Journal d'Béroard, Journée du 11 janvier 1606.
• /(ton. Journée du 1» férrier 1609.
* Idtm, Journée du U mai 1607.