POUR HENRI IV
dire qu'il faut prier Dieu qu'il donne longue vie à papa? — Oui, c'est cela, dit avec joie le Dauphin*. » Quand on lui apprit l'assassinat du roi, il se mit à sangloter; puis, lorsqu'on lui eût nommé Ravaillac, il s'écria : « Ha ! si j'y eusse esté avec mon espée, je l'eusse tué*. »
Huit mois auparavant, Henri IV, célébrant, pour la dernière fois, hélas ! l'anniversaire de la naissance de son fils, avait bu au Dauphin, et ajouté : « Je prie Dieu que d'ici à vingt ans je vous puisse donner le fouet. » Ce à quoi l'enfant avait répondu en souriant : (( Pas, s'il vous plaît*. » Trois jours après l'assassinat, sa nourrice, trouvant Louis XIH assis sur son lit et rêvant, l'interroge sur sa tristesse : « C'est que je songeais, » répond-il. Puis il demeure longtemps pensif. « Mais que rêvez-vous? ajoute-t-elle. — ■ Dondon, réplique-t-il, c'est que je voudrais bien que le roi, mon père, eût vécu encore vingt ans. Ha ! le méchant, qui l'a tué M » Louis se rappelait le désir exprimé huit mois auparavant par son père.
Voici un trait tout aussi attendrissant et caractéristique* Le 14 novembre 1611, il va visiter à Saint- Germain son frère malade. « Bonjour, mon frère^ » lui dit-il ; et, comme Gaston lui répond î « Bonsoir^ mon petit papa^ » Louis XIH, à ces mots, se met à pleurer, s'ien Va, et, dit notre précieux témoin, (( de tout lié jour on ne le vit plus *. » Longtemps après
1 Joumnl à'Héroard. Journée da 5 janvier 1608.
* Idem. Journée du 14 mai 1610.
^ Idem, Journée du 27 septembre 1609.
^ làèm. Journée du 17 mai 1610.
■= Id&fn. Jbumée du 14 novembre 1611.