‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 17 sur 137 · MÉLANCOLIE DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE DE LOUIS XIII

mère la régente. Louis XIII était trop Français pour pouvoir aimer sa mère se livrant à des étrangers cupides, son épouse préférant longtemps sa famille, son pays d'origine à sa patrie d'adoption.

La mélancolie, cet état de Tâme qui se complaît dans la tristesse et reste insensible aux plus puissantes diversions, a pour cause, non pas, comme la douleur, un événement particulier qui accable ou désespère d'abord, et dont les effets passagers disparaissent peu à peu avec le temps, mais une situation anormale prolongée dont les conséquences durent toujours, et qui, sans cesse présente à celui qui la subit, Talanguit et tarit en lui à jamais la source du rire. Les pamphlétaires de notre temps, comme ceux du dix-septième siècle, n'ont pas manqué d'attribuer la mélancolie de Louis XIII à des causes étranges, à dos habitudes particulières, à des goûts condamnables. Nous aimons mieux voir cette cause là où elle réside réellement, c'est-à-dire dans ce que nous venons d'exposer. Louis XIII était naturellement tendre et bon. Affamé d'affection, il ne put pas aimer les êtres qui d'ordinaire sont les plus chers à l'homme. Il voulut aimer sa mère; mais, de bonne heure, dure pour lui, elle ne cacha jamais la prédilection qu'elle éprouvait pour Gaston, son second fils'. On avait mémo imputé à la régente le projet de faire passer la couronne sur la t«*to de (iaslon*. D'autre part, le roi s'indignait, relégué dans un

I Dépêche du DODca Bentivofflio du 25 avril 1618. * l>«p«che de BeoUvot^lio du 19 décembre 1617.

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