CAUSES DU MÉCONTENTEMENT
tains ennemis de Richelieu auraient volontiers donné à croire à Tévidenee de maléfices, pour expliquer Tempire exercé par le cardinal sur le roi. On ne trouve pas chez les contemporains l'emploi du mot lui-même, mais tous les effets que produit d'ordinaire la chose : Louis XIII véritablement esclave de Richelieu; celui-ci imposant ses volontés, et devenu dominateur impudent au point de se faire exécrer par le roi, qui pourtant continue à lui obéir; ces deux hommes rivés lun à Tautre, et se haïssant profondément de telle sorte que, lorsque la mort rompt le lien, le survivant se sent comme débarrassé d'une lourde chaîne. N'y avait-il pas dans cette explication un agréable dédommagement pour l'amour-propre déçu, et, de tout temps, les ambitieux, comme les amants évincés, n'ont-ili^ pas été enclins à assigner au succès de leurs rivaux des causes surnaturelles? Anne d'Autriche, Marie de Médicis, Gaston d'Orléans, les Vendôme, Montmorency, Rassompierre, les Marillac, Ghàteauneuf, et tant d'autres, se croyaient appelés à exercer le pouvoir, et devant chacun d'eux, par intervalle, Richelieu s'est dressé comme un obstacle, et toujours comme un obstacle insurmontable. Les vaincus se sont consolés en plaçant Louis XIII en leur compagnie, en le présentant comme une* des premières victimes du despote, de celui que Ton nommait Y homme rouge, en montrant la volonté royale comme domptée, maîtrisée, enchaînée par le regard fascinateur du cardinal.
Voilà pourquoi nous ne donnons aucun crédit à