‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 28 sur 137 · DES AUTEURS DE HÉHDIHES · texte numérisé non relu

DES AUTEURS DE HÉHDIHES

des témoignages inspirés aux auteurs de mémoires par les victimes mêmes de l'implacable ministre, et d'après lesquels, se répétant d'ailleurs les uns les autres, les historiens ont, depuis, afUrmé la prétendue haine éprouvée par Louis XIII envers le cardinal.

Mais, si la vanité blessée de plusieurs contemporains, et des plus illustres, de ceux, par conséquent, qui ont laissé des mémoires ou qui en ont inspiré, a pu, a dû, étant données les faiblesses du cœur do l'homme, produire des appréciations erronées sur les rapports personnels de Louis XIII et de son ministre, il n'a pas été aussi aisé de dénaturer les faits. Or que résulte-t-il de ces faits, tels que nous les trouvons relatés dans des documents incontestables, et souvent même dans les témoignages de ces contemporains, sinon la preuve du constant appui librement donné parle roi au cardinal, d'une touchante sollicitude à l'égard de son ministre, d'efforts incessants pour le maintenir au pouvoir par reconnaissance et par affection autant que par devoir?

Considérons d'abord le premier évéoement important du règne de Louis XIII, celui par lequel il est devenu réellement le roi, la chute du maréchal d'Ancre. Ce véritable coup d'État du 24 avril 1617, qui devait entraîner tant d'heureux résultats, en débarrassant la France d'un favori étranger, incapable, cupide, enfaisant cesser la guerre civile que son insolence envers les princes avait allumée, en donnant au roi l'autorité nécessaire, et en élevant au pouvoir, avec Luynes, un homme d'État capable de

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vastes projets, fut, s'il faut en croire Pontchartrain '. préparé plus de trois mois avant l'assassinat de Concini. Le complot, par une sorte de miracle, puisque ceux qui en faisaient partie étaient de petite condition, demeura ua secret. MontpouiUan, Tronçon, secrétaire du roi, Déageant, Marsillac, un jardinier des Tuileries, étaient les conspirateurs qui, avec Luynes, préparèrent cet événement, si considérable par ses conséquences. On s'étonnera moins de la condition infime des conjurés, si l'on considère que Luynes, qui n'était alors que capitaine du Louvre, n'occupait aucun rang à la coiu" ; qu'il comptait un pea seulement par l'amitié que lui avait vouée Louis XIII, et que la régente et son entourage voyaient en celui-ci un enfant. « Dieu permit, dit Richelieu, qu'ainsi que l'expérience fait connoltre que souvent le secret et la fidélité que les larrons se gardent surpassent celle que les gens de bien ont aux meilleurs desseins, celle qui fut gardée en cette occasion fut si entière que, bien que beaucoup de personnes sceussent ce dessein, il fut conservé secret plus de trois semaines, en attendant une heure propre pour son exécution*. »

Ouelles furent, après lacatastrophequenousn'avons pas à raconter, car nous n'écrivons pas une histoire de Louis XIII, quelles furent les impressions de t'évèque de Luçon, quels étaient en ce moment les sentiments de Louis XIII à son égard ?

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On aurait gjand tort de croire que Richelieu ait vu avec peine la chute du premier ministère dont il ait fait partie. Non-seulement, en effet, il n'y avait pas la direction, qui appartenait tout entière à Concini, mais encore il apercevait depuis longtemps la gravité du péril que faisait courir à l'autorité royale l'incapacité du maréchal d'Ancre. Deux lettres écrites par Richelieu h celui-ci, les 8 mars et 1" avril 1617, prouvent avec quelle fermeté il savait parfois s'opposer aux sottes prétentions du favori de Marie de Médicis. Aux prises avec des difficultés de toutes sortes, obligé de lutter contre un favori dont il tenait le pouvoir, n'ayant de point d'appui nulle part, comprenant l'urgence des grandes choses à accomplir, et se voyant dans l'impossibilité de résister aux caprices despotiques d'un parvenu affolé d'orgueil, Richelieu, s'il n'est pas allé jusqu'à souhaiter la catastrophe ', ne l'a certainement pas vue avec déplaisir. Concini devait lui être odieux comme étranger, comme favori, comme incapable.

Dès que Richelieu connaît le sanglant dénoûment, il se rend au Louvre, où il trouve « le roi élevé sur un jeu de billard, pour être mieux vu de tout le monde. Le roi l'appelle et lui dit qu'il sait bien qu'il n'a pas été des mauvais conseils du maréchal d'Ancre, qu'il l'a toujours aimé (lui le Toi), qu'il a été pour lui dans les occasions qui se sont présentées,

participé. V. Lumières pour l'hiiloire de p. S7. par Mourgues. abbé de Saiot-Gerle Richelieu, Tout prouve que cette accu-

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