GARDÉE PAR RICHELIEU
puis que je vous ai écrit sur Taffaire de la fille (mademoiselle de la Fayette) ... Si vous rencontrés demain Sanguin avant que vous mayez veu, et quil vous parle de la fille, faites semblant de nen avoir ouy parler. » Cette lettre prouve, d'une part, que si Sanguin est entré dans les intrigues nouées par les parents de mademoiselle de la Fayette, il n'a jamais été un instrument du roi; d'autre part, que, dans toute cette affaire de mademoiselle de la Fayette, Richelieu n'a pas cessé d'être le confident de Louis XIII.
Veut-on des preuves plus décisives encore? C'est le P. Carré que les malveillants de la cour accusaient d'avoir accepté de Richelieu la mission de pousser mademoiselle de la Fayette au couvent. Or voici ce qu'écrit, le 13 février 1636, ce prétendu agent de Richelieu au grand ministre : « L'on m'a averti que, sans Votre Éminence, le roy m'auroit banni de la France, à cause que j'avois eu la hardiesse d'aider une fille qu'il- aime à entrer en religion. Outre que je n'ai pas cru cette imposture, \W pensé que ceux qui, pour leurs intérêts particuliers, font courir de pareils bruits, font un grand tort à la réputation de notre saint monarque, duquel Votre Éminence m'a si souvent exagéré la pureté, sainteté et droite intentioo en toutes choses, que j'ai écrites à Rome ; et je l'ai dit partout et à tous, et l'ai fait prêcher : je ne fat pas cru, à cause de la contraire disposition que Votre Eminence a trouvée à Sa Majesté, et moi aussi^. »
I Idem, fol. 148, cité par M. Cousin, p. 309.